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16 septembre 2011

Jugement Hortefeux, le droit, et les mots pour le dire

Les juges de la cour d'appel qui ont rendu, jeudi 15 septembre, une décision de relaxe de Brice Hortefeux ont soigneusement motivé leur arrêt.

Celui-ci précise en effet que si les propos de l'ancien ministre de l'intérieur sur les Arabes - "Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a un problème"- ne constituent pas une injure publique susceptible d'entraîner une condamnation, c'est uniquement parce que ceux-ci ont été tenus "sur le ton de la confidence, dans une réunion de militants sans intention de leur donner une publicité"'à caractère privé'. Dans ce cas d'injures non publiques, la loi ne prévoit qu'une peine contraventionnelle, et ne permet donc pas à des associations de se constituer partie civile. Le MRAP est donc déclaré irrecevable, et en conséquence Brice Hortefeux relaxé.

Voilà pour le droit.

Mais sur le fond, les juges considèrent que les propos en cause qui viennent "conforter l'un des préjugés qui altèrent les liens sociaux", sont "outrageants et méprisants à l'égard du groupe formé par les personnes d'origine arabe stigmatisées du seul fait de cette appartenance", ce qui le rend punissable.

La cour d'appel relève en outre qu'en évoquant un "prototype" des personnes de religion musulmane, l'ancien ministre de l'intérieur et donc aussi ancien ministre des cultes, "témoigne d'un évident manque de culture" et "s'offre un malheureux trait d'humour".

Décision Brice Hortefeux

12 septembre 2011

Ni amnistie,ni amnésie : Le Front National hors des facs !

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Photo : Maester

Bruno Gollnisch, responsable du Front National, exclu de ses activités d’enseignants le 3 Mars 2005 pour propos négationnistes, réintègre l’université Jean Moulin comme professeur.

 Alors que les idées d’extrême droite se banalisent de plus en plus dans l’opinion, nous ne laisserons pas le retour à l’université d’un des leaders du Front National devenir un évènement anodin.

 Nous refusons de voir l’université Lyon III Jean Moulin retomber dans les heures les plus sombres de son histoire. L'exclusion de Bruno Gollnisch avait permis de mettre un terme à des années d’apathie envers l’extrême droite au sein de l’établissement. Son retour nous fait craindre, qu’à défaut d’avoir perdu son immunité parlementaire, Bruno Gollnisch ne veuille retrouver une certaine immunité universitaire.

 Parce que de par son rôle et son histoire, l’université française, porteuse de valeurs républicaines, ne saurait devenir une tribune pour l’intolérance, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

 Parce qu'en ce sens, le discours tenu par Bruno Gollnisch ne saurait être compatible avec le métier d'enseignant et le statut de fonctionnaire.

 Parce qu'à aucun moment, il n’a éprouvé le moindre regret sur les déclarations qui l’ont conduit à être exclu de l'enseignement supérieur.

 Parce que depuis six ans, Bruno Gollnisch n’a cessé d’incarner une droite extrême et nauséabonde en défendant par exemple le salut nazi ou en tenant des propos pour lesquels il est actuellement en procès.

 Bruno Gollnisch s’est positionné en marge de la communauté universitaire.  

 Bruno Gollnisch n’a pas sa place au sein de l’institution universitaire. 

 

C’est pour cela que :

 Nous appelons à la creation d’un comité de vigilance des étudiants et personnels de l’université Lyon 3 contre l’extrême droite.

 Nous appelons Bruno Gollnisch à presenter toutes ses excuses quant aux propos qu’il a pu tenir ces dernières années. Si tel n’était pas le cas, nous en appellerions au ministre de l’enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, pour prendre toutes les measures necessaires concernant son exclusion.

 Nous appelons l’ensemble de la communauté universitaire à se mobiliser dans les semaines et mois à venir pour obtenir une exclusion définitive de Bruno Gollnisch

 Nous appelons l’ensemble des citoyens attachés au combat contre le racisme et l’extrême droite à se rassembler contre le retour de Bruno Gollnisch à l’Université Lyon 3 :

 

Mercredi 14 Septembre

16H00

Université Lyon 3 Jean Moulin, 8 rue Rollet

08 septembre 2011

Hérault Un ex-candidat aux cantonales en prison pour des saluts nazis et des insultes racistes

1373663931.pngAffiche de campagne d'Olivier Roudier lors des dernières élections cantonales à Montpellier. (© D.R)

Un militant de la Ligue du Midi, parti de l’ultra-droite, candidat aux dernières élections cantonales à Montpellier (1), a été incarcéré lundi soir. Il a été mis en examen pour rébellion, port d’arme et incitation à la haine raciale après un sérieux dérapage, samedi soir, à la fête de Saint-Nazaire-de-Pézan, dans le Lunellois.

Avec un acolyte, Olivier Roudier, éleveur de cochons de 36 ans, fils de Richard Roudier, responsable départemental de la Ligue, s’est rendu vers 2 h du matin à la fête votive. Particulièrement alcoolisés, ils ont commencé à déraper devant le maire du village sur le thème : "On vient chasser les Arabes." Avec saluts nazis à l’appui, même si le collègue de Roudier, qui a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, a contesté ces gestes.

Selon l’enquête de la brigade de Lunel, ils ne sont pas arrêtés là : ils se sont mis à insulter un vigile et un gendarme réserviste, tous deux d’origine nord-africaine : "Ratons, bicots, les Arabes dehors, on est chez nous, on va tous vous crever, le crâne rasé collabo des melons !"

Les saluts hitlériens ont continué et l’interpellation a été mouvementée. Lors de l’altercation, Olivier Roudier, déjà emprisonné dans le passé (2), a perdu un couteau de type poing américain, ce qui a d’autant plus motivé le parquet à demander son placement en détention provisoire.

"Il se présente armé d’un couteau, particulièrement alcoolisé et il fait des saluts nazis réitérés en présence des gendarmes en prononçant des propos abjects, haineux, d’une violence extrême", a dénoncé le vice-procureur lors du débat devant le juge des libertés et de la détention (JLD).

Cheveux rasés, un gros hématome sur la joue, l’agriculteur, un temps proche des “identitaires”, a fait profil bas. Regrettant son attitude : "Je commence à comprendre la portée de mes actes et de mes gestes et je les déplore profondément, ce n’est pas dans mes habitudes... C’est l’absorption d’une grosse quantité d’alcool, c’est la raison de ces débordements."

Une explication reprise par son avocate, Me Ava Magassa : "Il a un sérieux problème d’alcool, il a besoin de soins, pas d’aller en prison. On n’est pas là pour minimiser, mais il faut relativiser. Il n’a pas sorti le couteau." Mais le port de cette arme, ajouté aux insultes racistes, a motivé le JLD dans sa décision d’incarcération.

Source : YANICK PHILIPPONNAT sur Midi Libre

07 septembre 2011

Un fonctionnaire musulman suspendu à cause de sa barbe ?

Trop longue, pas assez taillée... Un fonctionnaire va-t-il perdre son poste à cause de sa barbe ? La mairie divers gauche de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) qui emploie ce Français d'origine algérienne, s'apprête à le révoquer. Raison invoquée : "manquement aux obligations de réserve, et de neutralité à travers le port d'un signe distinctif". Le maire de la ville, François Asensi, a prévenu RTL à la mi-journée qu'il faisait marche arrière toute, en condamnant fermement cette convocation devant le conseil de discipline.

Ecouter : Georges Brenier | 07/09/2011 - 12h56 écouter Le maire de la ville a joint RTL pour affirmer qu'il n'était pas au courant de cette affaire et qu'il n'était absolument pas d'accord avec la sanction

Georges Brenier | 07/09/2011 - 07h37 écouter Raison officielle invoquée par la mairie de Tremblay-en-France : la barbe du fonctionnaire n'est pas assez taillée

Georges Brenier | 07/09/2011 - 08h49 écouter Maître Guillaume Traynard, l'avocat de Kamel : "on replonge dans les vieux fantasmes"


Une affaire embarrassante pour la mairie de Tremblay-en-France



La municipalité a suspendu au début du mois de juin dernier un de ses employés, Kamel Bendjebbour, 36 ans, un Français d'origine algérienne, engagé auprès de la mairie depuis la fin des années 90.

Le maire de la ville, François Asensi, affirme qu'il n'était pas au courant et qu'il n'est absolument pas d'accord avec l'argument utilisé pour révoquer l'employé Kamel Bendjebbour.

Le maire évoque une sanction disproportionnée et demande le retrait immédiat du dossier devant le Conseil disciplinaire de Tremblay.

Le 2 mai dernier, lors d'un entretien, l'adjoint au maire chargé du personnel communal "demande solennellement" à M. Bendjebbour de tailler sa barbe, devant d'autres employés municipaux.

Tout l'entretien a été secrètement enregistré, et RTL a pu écouter cet enregistrement. "Votre barbe est taillée de telle sorte qu'elle n'apparaît pas comme une barbe normale...votre aspect physique fait que vous n'êtes pas dans la neutralité" explique entre autre l'adjoint à M.Bendjebbour.

A l'heure actuelle, ce dernier est convoqué à la fin de ce mois de septembre en conseil de discipline en vue de sa révocation (la sanction la plus grave pour un fonctionnaire) notamment pour "manquement aux obligations de réserve et de neutralité à travers le port d'un signe distinctif".

Source : rtl.fr

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20 juillet 2011

Le code « BBR » des intérimaires définitivement enterré ?

« BBR » pour « bleu blanc rouge ». Ce code mis en place dans les années 2 000 notamment par des agences d'intérim pour sélectionner des candidats exclusivement d'origine française n'en finit pas de faire parler de lui. Récemment Adecco et l'une de ses filiales ont ainsi été condamnés à verser des dommages et intérêts de 30 000 € à SOS Racisme.

L'affaire date d'il y a dix ans et il aura fallu plus de 5 ans de procédure pour y mettre un terme. Les faits se déroulent en 2 000, alors que Districom (aujourd'hui Ajilon) recrute plus de 200 animatrices pour promouvoir des produits capillaires de la marque Garnier dans les supermarchés. Cette filiale du groupe Adecco aurait alors reçu un fax de la maison mère pour spécifier que seules les candidates répondant au code « BBR » (Bleu Blanc Rouge) devraient être sélectionnées, excluant de fait les personnes d'origine étrangères de la procédure. Une salariée de Districom décide alors de prévenir SOS Racisme, qui porte plainte contre les trois sociétés ainsi que plusieurs cadres.

La suite est faite de rebonds judicaires. En première instance, le tribunal correctionnel de Paris relaxe les trois sociétés et leurs cadres, estimant que les poursuites basées sur le motif de « refus d'embauche en raison d'un critère discriminatoire » ont « été engagées à partir de suppositions et d'approximations ». Mais un an plus tard, après requalification des faits, le 6 juillet 2007, la cour d'appel de Paris condamne Garnier, Adecco et Ajilon (ex-Districom) à payer 30 000 euros d'amende chacun pour avoir subordonné une embauche à des critères discriminatoires (en plus de l'origine, les candidates devaient avoir de 18 à 22 ans et avoir une taille de vêtement comprise entre le 38 et le 42). Elle condamne aussi Garnier, Adecco et sa filiale à payer solidairement 30 000 euros de dommages et intérêts à SOS Racisme qui s'était porté partie civile. Seulement les trois sociétés se pourvoient en cassation et la Cour annule alors la condamnation civile... Le 28 juin dernier, la Cour d'appel de Paris a pourtant estimé que SOS Racisme était recevable comme partie civile et remis au goût du jour les 30 000 euros de dommages et intérêts.

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18 juillet 2011

Plus d'1 million de personnes au concert pour l'égalité

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SOS Racisme renoue avec les grands concerts de mobilisation À l’occasion du 14 juillet, l’association SOS Racisme a renoué avec la tradition des grandes mobilisations grâce à un « concert pour l’égalité » donné sur le Champ de Mars à Paris. (Chloé Rondeleux)

Entre 500 000 et un million de personnes ont assisté au concert pour l'égalité sur le Champ de Mars à Paris. Un moyen d’attirer l’attention des citoyens et celle des candidats à un an des élections présidentielles.

Avec cet article Un concert du 14 juillet à Paris sous le signe de l'égalité Retraites, les leçons d'une mobilisation A l'université, la mobilisation contre la réforme des retraites reste limitée Mobilisation contre la réforme des retraites, une semaine tendue Pour son retour sur la scène des grandes fêtes populaires, SOS Racisme a vu grand : le Champ de Mars, au pied de la Tour Eiffel.

La programmation comptait une vingtaine d’artistes, dont des célébrités comme Yannick Noah, Bénabar ou encore Nolwenn Leroy. Débats et tables rondes ont rythmé la journée sur le site du village associatif où une soixantaine d’organisations étaient présentes. Une telle mobilisation autour d’un grand concert, gratuit et en plein air, ne s’était pas produite depuis près de 20 ans.

Le dernier rendez-vous de cette envergure remonte au 14 juillet 1992 avec le concert « l’Europe des potes » organisé à Paris. « Au moment de sa création en 1984 et tout au long des années 1980, SOS Racisme a organisé beaucoup de grandes mobilisations. À l’époque, on a d’ailleurs reproché à l’association ces vastes opérations médiatiques jugées peu efficaces pour combattre les discriminations », explique Jean-Yves Camus, politologue et chercheur associé à l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques).

« Ces dernières années, SOS Racisme n’a plus été à l’initiative de grandes mobilisations mais cette absence ne signifie pas qu’elle a arrêté ses actions, estime Jean-Yves Camus. Elle était plus présente sur le terrain juridique avec des opérations de testing destinées à mesurer le degré de préjugés. » Une réponse au climat ambiant Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, l’idée d’un concert pour l’égalité s’est imposée par la dégradation des discours. En ligne de mire les déclarations du ministre de l’Intérieur Claude Guéant en mars dernier affirmant que « les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux » du fait d’une « immigration incontrôlée » et le débat controversé sur l’identité nationale lancé par le gouvernement.

À cet égard, le concert pour l’égalité du 14 juillet s’inscrit dans la continuité de la campagne « La France c’est nous » lancée par l’association en 2010. Dominique Sopo est président de SOS Racisme depuis 2003. Dominique Sopo explique pourquoi la forme du concert lui paraît la plus appropriée pour porter les valeurs défendues par SOS Racisme. « Chanter les préoccupations des gens » Le chanteur Idir fait partie de la vingtaine d’artistes ayant répondu présent à l’invitation de SOS Racisme.

À 65 ans, l’artiste n’en est pas à son premier concert de soutien. « J’ai eu la chance de participer à un certain nombre d’actions contre l’exclusion, le racisme, le sida ou l’homophobie », témoigne-t-il. Son thème de prédilection est la question de l’identité qui a inspiré son dernier album La France des couleurs sorti en 2007. Sylvie qui a fait le déplacement jusqu’au Champ de Mars avec une amie a apprécié la « qualité » de la programmation avec des artistes qu’elle a découverts à cette occasion. Sylvie, 60 ans, est venue avec son amie assister au concert sur le Champ de Mars.

Céline et Julie, deux jeunes amies, critiquent pour leur part le choix des artistes qu’elles estiment pas toujours bien en accord avec SOS Racisme mais elles ont été agréablement surprises d’entendre HK & les Saltimbanks, un groupe qu’elles affectionnent particulièrement. « Ce concert est un point de départ à une mobilisation », a déclaré Dominique Sopo sur scène le jour du concert. Le public venu nombreux, entre 500 000 et un million de spectateurs, semble avoir entendu le message.

Source : Chloé RONDELEUX pour La Croix

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11 juillet 2011

Adecco tente de faire taire SOS Racisme

COMMUNIQUE DE PRESSE

SOS Racisme découvre avec consternation que les sociétés Adecco et Ajilon (ex-Districom) ont formé un nouveau pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Cour d’appel de Paris du 28 juin 2011 les condamnant solidairement avec la société Garnier (Groupe l’Oréal) à verser 30 000€ de dommages-intérêts à notre association.

SOS Racisme s’interroge sur l’utilité de cet ultime recours alors que par un arrêt du 23 juin 2009 la Cour de cassation avait confirmé partiellement l’arrêt rendu par  la Cour d’appel de Paris le 6 juillet 2007, lequel condamnait les trois sociétés précitées à payer respectivement 30 000 euros d’amende pour discrimination raciale à l’embauche ainsi qu’à payer solidairement 30 000 euros de dommages-intérêts à l’association SOS Racisme.

Ainsi, ce nouveau pourvoi vise uniquement à contester les dommages-intérêts perçus par SOS Racisme dans le cadre de cette affaire.

L’attitude revancharde de ces grands groupes français est inadmissible et vise en réalité à exercer une pression sur notre organisation, pour nous empêcher de continuer notre combat visant à poursuivre les entreprises qui mettent en place des pratiques discriminatoires.

Ce recours intervenant juste après la récente condamnation; suite à une autre action de SOS Racisme, d’Adecco à Bruxelles le 31 mai dernier pour discrimination.

Après plus de dix ans de procédure, les sociétés Adecco et Ajilon devraient plutôt dépenser leur énergie à mettre en place des systèmes efficaces pour lutter contre les discriminations en leur sein.

Loïc RIGAUD - Responsable du Pôle Anti-discriminations de SOS Racisme

07 juillet 2011

L'Oréal et Adecco condamnés pour discrimination raciale à l'embauche

L'Oréal et Adecco condamnés pour discrimination raciale à l'embauche
© REA

Après cinq années de procédure, SOS Racisme a obtenu la condamnation du leader français de l'intérim, de sa filiale Ajilon et du fabricant de cosmétiques, Garnier (groupe l'Oréal), pour discrimination raciale. Ces entreprises utilisaient le code BBR pour "Bleu Blanc Rouge" pour sélectionner des intérimaires. Cette décision de la cour d'appel de Paris promet de faire jurisprudence.

Satisfecit pour SOS Racisme. Le 29 juin, la cour d'appel de Paris a condamné la société de travail temporaire, Adecco, sa filiale Ajilon (ex-Districom) ainsi que Garnier (groupe L'Oréal) pour discrimination raciale à l'embauche. Les trois sociétés devront verser 30.000 euros de dommages et intérêts à l'association, partie civile dans le dossier.

"Cette condamnation est l'une des plus lourdes enregistrées en France pour discrimination raciale", se félicite Samuel Thomas, responsable des actions judiciaires de l'association anti-raciste. "Un tel montant n'est toutefois qu'une maigre compensation face à des grands groupes capables de dépenser des fortunes pour afficher leur exemplarité", déplore-t-il.

Code "Bleu Blanc Rouge"

L'affaire Adecco-Garnier remonte à 2.000. Districom recrute alors plus de 200 animatrices pour promouvoir des produits capillaires dans les supermarchés. Selon SOS Racisme, l'agence d'intérim aurait alors envoyé un fax au siège d'Adecco pour préciser que seules les candidates répondant au code "BBR" (ndlr, Bleu Blanc Rouge en référence au drapeau français) devaient être sélectionnées. "Les maghrébines, les noires et les femmes d'origine étrangère étaient forcément recalées", commente Samuel Thomas. Parmi les autres critères de sélection : un âge compris entre 18 et 22 ans, des mensurations ne dépassant pas la taille 42. Alerté par une salariée de Districom, SOS Racisme décide de saisir la justice. Après plusieurs rebondissements et cinq ans de bataille judiciaire, la cour d'appel de Paris vient de confirmer les 30.000 euros d'indemnités à verser à l'association.

Bête noire des recruteurs

"Cette décision devrait obliger les employeurs à revoir leurs pratiques", espère Samuel Thomas, qui n'en est pas à sa première victoire. Le 31 mai, SOS Racisme a obtenu la condamnation d'Adecco, en Belgique. Entre 2000 et 2001, la filiale belge spécifiait la mention "BBB" pour "blanc bleu belge" dans ses descriptifs de poste. En juin dernier, le parti des travailleurs belges a publié la liste complète des entreprises commanditaires. On y retrouve des grands noms de la distribution, tels C&A et même Benetton, la marque pourtant renommée pour ses publicités pluriethniques.

En France, Eurodisney, Air France, Chronopost sont suspectées de discrimination. "Les dossiers sont à l'instruction mais la justice avance très lentement", regrette le militant de SOS Racisme. Une information judiciaire contre Disneyland Paris est, par exemple, ouverte depuis 3 ans au tribunal de Melun. La direction du parc d'attraction aurait sélectionné uniquement des Européens pour être en contact avec le public. Air France aurait, de son côté, trié son personnel navigant en fonction de ses origines ethniques pour les affecter à des destinations spécifiques. Une procédure est en cours au tribunal de grande instance de Bobigny. Autant d'affaires qui pourraient écorner l'image de ces grands groupes…

Source : Capital.fr

05 juillet 2011

L'antisémitisme, aperçu sommaire de la situation dans l'Union européenne entre 2001-2010

Le 20 Juin 2011, l'Agence européenne des droits fondamentaux (FRA) a publié son rapport sur "l'antisémitisme, aperçu sommaire de la situation dans l'Union européenne entre 2001-2010".

Le rapport fournit une analyse comparative des incidents antisémites recensés à partir des données statistiques des organisations gouvernementales et non gouvernementales, couvrant les années 2001 à 2009, et, en outre, certains incidents identifiés par les médias.

Le rapport conclut qu'il existe une augmentation des incidents antisémites en 2009, mais une tendance générale à travers les Etats membres de l'UE ne peut pas être établie, en raison d'un manque de données comparables.

Le rapport révèle les résultats suivants:

· Autriche, France, Allemagne et Suède recueillent suffisamment de données officielles sur la justice pénale, permettant une analyse des tendances des crimes antisémites
· Le nombre de crimes antisémites a considérablement augmenté en France et en Suède, et une petite augmentation a également été enregistrée en Allemagne.
· Le nombre de crimes antisémites a diminué en Autriche de 2008 à 2009
· Entre 2001 et 2009, le nombre de crimes antisémites en France ont fluctué d'année en année
· En Allemagne, la tendance générale indique un niveau relativement stable de la criminalité antisémite
· En Suède, après une période relativement stable de 2001 à 2008, le nombre de crimes antisémites a atteint un sommet en 2009


Pour plus d'info, le rapport complet (en anglais)

http://fra.europa.eu/fraWebsite/research/publications/publications_per_year/2011/pub-antisemitism-update-2011_en.htm

Par Muriel Girard, Pôle Anti-discriminations de SOS Racisme

30 juin 2011

L'origine ethnique, premier facteur de discrimination pour 7 DRH sur 10

DRH lucides mais inhibés, managers " borderline ", salariés ambivalents, rumeur ravageuse... Cegos dévoile son premier baromètre sur les pratiques de la diversité en entreprise. Les résultats sont accablants. La preuve en 6 chiffres clés.

Marie-Madeleine Sève pour LEntreprise.com, publié le 28/06/2011

71 % des DRH placent l'origine ethnique en tête des critères de discrimination (1), un chiffre cohérent avec les résultats de la Halde. Mais ces sondés se montrent moins radicaux lorsqu'il s'agit de leur propre entreprise : 9 % des DRH seulement assument alors ce " palmarès ". " Ils ont des difficultés à parler ouvertement du problème. Du coup, ils le minimisent explique Annick Cohen-Haegel responsable des formations RH chez Cegos et qui a copiloté l'étude. Ceux qui ont répondu sont les plus sensibilisés au sujet ". En seconde position des discriminations les plus fréquemment rencontrées vient le critère de l'âge (69 %), puis du sexe (68 %) et du handicap (50 %).

36 % des salariés font de l'apparence physique le critère discriminant n°2. Derrière l'âge (41 %) et avant le sexe (32 %). Une surprise pour les experts de Cegos. La surcharge pondérale ou un aspect disgracieux joue beaucoup sur la décision lors des recrutements ou des promotions. Les codes sociaux, les stéréotypes conscients ou non qu'on aurait pu croire dépassés font donc de la résistance. " Une femme mignonne sera, quant à elle, désavantagée dans les milieux très masculins " nuance Annick-Cohen Haegel. Mais ce doit être plus rare...

30 % des salariés fustigent la rumeur. C'est la plus insidieuse des formes de discrimination. Les sous-entendus à connotation sexuelle, les plaisanteries sur les blondes, sur les jeunes des cités, sur les groupes ethniques ou religieux, les agressions verbales et les injures sont dévastatrices. Le public rit souvent jaune. Alors qu'il devrait dire " stop " ou " carton rouge ! ". En outre, le " j'ai entendu dire..." qui annonce des informations visant à discréditer un collègue dédouane le colporteur des ragots. " Le bourreau n'est pas identifié, insiste Annick Cohen-Haegel. C'est l'anonymisation de l'agression. Personne ne court de risque. A la différence du harcèlement, la rumeur ne peut pas être punie ! ".

56 % des témoins laissent faire... Dire c'est prendre le risque de ne pas être cru, ou d'encourir des représailles. Voire de perdre son emploi. Ainsi 25 % des salariés n'ont pas jugé nécessaire de parler de ce qu'ils ont vu ou entendu, ni d'intervenir. Ils pensent que dans le fond ce n'est pas si grave, que ça fait partie de la vie. Sans prendre en considération le phénomène de répétition qui pourrit la vie de l'autre. Et 30 % se détournent parce qu'ils ne se sentent pas à l'aise.

39 % des DRH accusent les managers directs d'être de terribles agents discriminateurs. Les DRH sont aussi 23 % à dénoncer la ligne managériale (n+1, n+2, etc.) et 14 % les membres du Codir (Comité de direction). Ce qui fait pas mal de responsables " borderline " ou hors la loi dans leurs agissements. Souvent de façon spécieuse. " J'ai vu des managers récuser un candidat sous prétexte d'un défaut de compétence, raconte Annick Cohen-Haegel, ex-DRH opérationnel. Or, on devine bien qu'il s'agit d'une discrimination. Il faut décoder et avoir le courage de lutter. "

34 % des salariés accusent leurs collègues de discriminer. En général, on s'attend moins à ce que les attitudes perverses viennent de ses collègues. Un résultat corroboré par une étude du CSA (menée en 2009 avec la Halde) soulignant que ses camarades discriminent autant que ses supérieurs. Jalousie sur un poste, tensions sur un projet, crispations en réunion, personne n'est à l'abri d'un mot déplacé ou d'une peau de banane envers les plus fragiles.

(1) Enquête menée en mars et avril 2011 avec la Chaire Management et Diversité de la Fondation Paris-Dauphine auprès de 1045 salariés et 160 DRH ou RRH.

Source : Lexpress.fr

13:03 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : discrimination, salarié, drh, rapport, étude, sondage, cegos |  Facebook |

Testing au logement à Villeurbanne : les gens "d'origine maghrébine" discriminés

DISCRIMINATION - C'est une première en France. La municipalité de Villeurbanne a collaboré avec un réseau de bailleurs privés pour réaliser un testing au logement à vocation "pédagogique". Résultat : les candidats "d'origine maghrébine" à la location d'un logement ont été défavorisés plus d'une fois sur deux, et jusqu'à neuf fois sur dix dans le quartier central des Gratte-Ciel. En réaction à cette nette discrimination, qui relève du délit, Villeurbanne et un groupe d'agences immobilières volontaires sont prêts à s'engager dans un partenariat inédit.

Depuis février 2010, la ville de Villeurbanne s'est engagée dans un Plan de lutte contre les discriminations au logement, aux côtés de l'Etat, du Grand Lyon, de bailleurs sociaux, d'organisations professionnelles et d'associations de locataires. Pour affiner son action, le maire Jean-Paul Bret (PS) a commandé un testing au logement à grande échelle (une centaine de tests) dont la réalisation a été confiée à ISM-Corum, Centre d'Observation et de Recherche sur l'Urbain et ses Mutations à Lyon. Ensemble, ils ont retenu comme seul critère discriminant celui de l'origine, "singulièrement maghrébine", "critère évoqué par le nom, le prénom et l'apparence physique des "testeurs"" précise Eric Cédiey, directeur général d'ISM-Corum. Pour le reste : âge, type de profession, niveau de revenu, situation de famille, solidité des garants, etc. tout était similaire.

Contrairement aux opérations lancées par la Halde ou SOS Racisme, à visées statistiques ou juridiques, Villeurbanne a fait le choix d'un testing "pédagogique". Il s'agit "d'accompagner les acteurs du logement vers une prise de conscience et non de les sanctionner" précise le maire. Les agences immobilières - une quinzaine à Villeurbanne et une dizaine à Lyon - ont donc été informées en amont de la réalisation de ce testing, mais pas du critère retenu. L'autre moitié des tests a été réalisée auprès de particuliers.

Cette information préalable n'empêche pas des résultats assez édifiants. "Les candidats "français de souche" n'ont quasiment rencontré aucun obstacle dans leur recherche de logement alors que les candidats d'origine maghrébine ont été défavorisés plus d'une fois sur deux. Les écarts sont suffisamment nets pour caractériser une discrimination dans l'accès au logement" analyse Eric Cédiey qui précise que "L'essentiel des discriminations se sont révélées après la visite du logement". Au moment clé de la constitution du dossier.

Autres enseignements de cette étude : "La discrimination sur l'origine se manifeste plus violemment sur les hommes que sur les femmes". Et  "Le risque de discrimination augmente avec l'attractivité du secteur : les candidats maghrébins ont été désavantagés jusqu'à neuf fois sur dix dans le quartier des Gratte-Ciel" explique le scientifique. "Que les quartiers les plus prisés, les plus beaux, discriminent le plus, c'est ce qui fait que des gens sont assignés à résidence dans une société qui prône pourtant le vivre ensemble et la mixité sociale" commente Marisa Lai-Puiatti, responsable Rhône-Alpes Auvergne du Défenseur des droits. Selon elle, "le déni de la discrimination, particulièrement dans le logement, reste énorme" quand il est plutôt moindre dans le travail.

Si elle confirme ce que beaucoup constatent au quotidien, l'étude révèle une surprise : les résultats sont similaires pour les agences immobilières et les particuliers. Autrement dit, les professionnels du logement, censés être au fait de la loi qui punit de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende les faits de discrimination, discriminent autant que les particuliers. Souvent ignorants de la loi, les propriétaires sont pourtant plus enclins à penser qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent de leur bien. "Les professionnels sont entre le marteau et l'enclume ; ils subissent la pression des propriétaires sur un marché tendu" justifie Lionel Leifer, administrateur de la FNAIM du Rhône.

Il existe de multiples façons de contourner la règle égalitaire affichée du "premier dossier complet, premier servi". Tarder à rappeler tel candidat ou inversement permettre à tel autre de constituer son dossier plus rapidement en lui donnant la liste des pièces à fournir par avance. Demander des pièces ou des garanties complémentaires à l'un et pas à l'autre, motiver l'un ou décourager l'autre, dire à l'un qu'il est difficile de se garer dans le quartier, et à l'autre qu'il y a un garage… "La plupart des discriminations ne sont pas intentionnelles ; elles relèvent plutôt de mauvaises pratiques" commente Eric Cédiey.

"Le constat est fait. Aux organisations professionnelles de prendre leurs responsabilités" assure Lionel Leifer de la FNAIM, qui cite la mise en place de modules de formations avec le Défenseur du droit ou l'ajout des textes de loi contre la discrimination dans les actes de vente. "C'est par l'information du public qu'on pourra avancer" estime-t-il.

Un projet de partenariat entre Villeurbanne et un groupe d'une dizaine d'agences immobilières volontaires se met en place, prévoyant un parcours de formation puis la création d'un label valorisant les agences qui s'engagent contre les discriminations. Objectif : faire changer les pratiques et démontrer que la discrimination au logement n'est pas "une fatalité à laquelle se résigner".

Source : Anne-Caroline JAMBAUD pour Libération à Lyon

12:53 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : discrimination, testing, villeurbanne, ism corrum, logement |  Facebook |

29 juin 2011

Paul Girot de Langlade, ex-préfet, condamné pour injure raciale

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La Cour d’appel de Paris à confirmé aujourd’hui la condamnation de l’ex-préfet Paul Girot de Langlade.

Ce dernier a été condamné à une peine d’amende de 1200€ avec sursis et 800€ de dommages et intérêts pour injure raciale à l’encontre de deux agents de sécurité.

Par cette décision, la Cour d’Appel de Paris vient de rappeler que nul n'est au dessus des lois, et ce malgré le retournement, politique?, du parquet qui avait demandé la condamnation en première instance et la relaxe en appel…

Il n’est en effet pas admissible qu’un représentant de l’Etat puisse tenir des propos de cette nature et doit être tenu à un devoir d'exemplarité.

Ces propos s’inscrivaient dans un contexte de libération de la parole raciste suite au débat sur l’identité nationale.

Souvenez vous : le 31 juillet 2009, Paul Girot de Langlade, alors préfet hors-cadre chargé des états généraux de l’Outre-Mer, est en transit à Orly en compagnie de son épouse. Au moment du contrôle, l’alarme retentit et le ton monte avec les agents de sécurité qui reprochent au haut fonctionnaire de se plier de mauvaise grâce aux consignes et de vouloir « passer en force ». Une certaine confusion s’ensuit et, en quittant le portique, M. Girot de Langlade s’emporte et dit : «On se croirait en Afrique ici!».

16 juin 2011

Exclusif :: Dossier Adecco Belgique, le nom des entreprises

2001, le parquet de Bruxelles décide de lancer une enquête à charge d’Adecco pour discrimination à l’embauche, suite à une dénonciation du Centre pour l’égalité des chances. Huit ans plus tard, Adecco s’en sort sans condamnation pénale, faute d’enquête sérieuse. Mais grâce à l’obstination de la FGTB et de SOS Racisme, Adecco sera finalement condamné. Le nom des entreprises qui ne voulaient pas d’intérimaires d’origine étrangère n’avait jamais été révélé. Solidaire répare cet « oubli ».

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Cette page vient du dossier de l'enquête harge d'Adecco, en 2001. On peut voir les demandes « personnalisées » des entreprises. Retrouvez toutes les pages sur www.solidaire.org.

« Blanc-Bleu-Belge uniquement »

Il y a dix ans, un employé de la société d’intérim avait transmis certains documents internes démontrant qu’Adecco se livrait à des pratiques discriminatoires à l’égard des candidats travailleurs d’origine étrangère. L’enquête qui suivra sera bâclée par les autorités judiciaires. D’énormes fautes de procédure seront commises. Au point qu’après plus de 8 ans de procédure, les poursuites à charge d’Adecco seront déclarées irrecevables. Il n’en reste pas moins que les éléments de cette enquête sont édifiants : il existait bien une pratique généralisée au sein d’Adecco qui visait à satisfaire les entreprises qui ne voulaient pas les services d’un intérimaire d’origine étrangère. Grâce à la FGTB et SOS Racisme (voir plus loin), l’agence d’intérim est enfin reconnue coupable de discriminations à l’embauche.

Ces discriminations à l’embauche sont punies par la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie et diverses conventions collectives de travail. Les perquisitions opérées en 2001 auprès du siège d’Adecco ont révélés qu’au moins une centaine d’entreprises ont demandé les services de la société d’intérim en précisant qu’elles ne voulaient pas d’étrangers1.

La société de vêtements Benetton s’est fait une renommée internationale par ses campagnes marketing axées sur la diveristé. « United Colors of Benetton ». La réalité est bien loin de ce slogan publicitaire. Le dossier pénal à charge d’Adecco révèle que le magasin de Benetton à Bruxelles aurait sollicité de la société d’intérim des « vendeuses full-time. Jeunes et dynamiques » mais « BBB » (Blanc-Bleu-Belge) ... Et ce n'est qu'un exemple.

« A la limite turque ou yougo »

Certaines de ces entreprises ont formulé des exigences plus précises : « BBB ou impeccable – pas de racaille », ou « BBB, super mignonne (style hôtesse de l’air) » pour un travail administratif et  de contact téléphonique, « 2 femmes de ménage pour travailler de 17h à 20h30 BBB !!! (… à la limite turque ou yougo) ». Ou cette société de dépannage qui a demandé un « BBB car travaille souvent avec la police …».

Cette liste des entreprises qui auraient exigé d’Adecco des travailleurs « bien de chez nous » est révélatrice des discriminations massives à l’embauche. Il est vraiment regrettable que l’enquête pénale à charge d’Adecco n’ait pas fait plus d’efforts pour établir à quel point ces entreprises se sont livrées à des pratiques discriminatoires dans le recrutement de leur personnel. L’impunité dans ce domaine est criminelle, en particulier quand on voit que le phénomène est encore tout à fait actuel.

Selon le dossier pénal à charge d’Adecco, les entreprises suivantes auraient sollicité un travailleur intérimaire en exigeant que celui-ci soit uniquement « BBB » ou en précisant qu’elles ne voulaient « pas d’étrangers » ou « pas d’arabes » :

A&A Electrics, A.v.D. Belgium, Agence Duchene SA, Aon Belgium, Apover, Aufisco, Axima, BMW Brussels, BC Components, Beguelin Import, Benetton Retail Belgium, Berchem Pneu, BFGoodrich Europe, Bois Henri Lochten, Ghysels, Bracco Belgium sa, BV Tourisme, C&A, Carli Gry, Cegeac, Centrale américaine, Chehoma, Clinique Saint-Jean, Church’s english shoes, City parkings sa, Cliff Tailor, Cobema, Comax, Contigea, Defitech, Delhaize le Lion, Dépannage Wattiez, Distri Shoe, Electrabel Distribution, Electrolor, Equipo SPRL, Eurocavi Europe, Forma, Fort James, Garage du stade, Godiva, Group 4 Maintenance, Guilbert Belgium, Hades, Interbrew Belgium, ITD Fashion outlet, Itel Tech, JB carrosserie, JVC Belgium, La galerie Marie-Christine, Les musts de Cartier, Losdyck Paint, Maison Theunissen, Melisana, Mench Industry S.A., N.D.A Vandenhouwe, Nachtergaele, Noritsu, OCA S.A., Papeteries Aubry, Peugeot Technic Auto, Poot Printers, Press Shop, Putman SA, Ready, Ria, Rioglass International, Security Infor, Stephane Davidts SPRL, Swatch group, TEM, Tempolec International, Transfer, Universal group, Univex, VG Plastic, Vice-Versa, Woluwe parkings, …

1. Retrouvez la liste complète des entreprises ici

Le jugement (uniquement en néerlandais) ici

Source : ptb.be : Jonathan Lefèvre

16:39 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adecco, discrimination, condamnation, belgique |  Facebook |

14 juin 2011

Discrimination: Adecco doit verser 25 000 euros à SOS Racisme

L'association française SOS Racisme précise que la société d'intérim Adecco a été condamnée à lui verser 25 000 euros, à titre de dommages et intérêts pour pratiques illégales de discrimination à l'embauche. Il s'agit de la plus lourde amende à payer par une entreprise à une association antiraciste pour discrimination, en Europe.

Le tribunal de première instance de Bruxelles a condamné Adecco, le 3 juin dernier, à payer 25 000 euros à SOS Racisme, ainsi que l'euro symbolique à la FGTB et à l'association interculturelle flamande Kifkif, à titre de dommages et intérêts pour pratiques illégales de discrimination à l'embauche.

La société d'interim a décidé d'interjeter appel.

"Blanc Bleu Belge"

L'affaire remonte à 2001.

Un collaborateur d'Adecco avait dénoncé le fait que des postes pour des missions dans certaines entreprises qui ne souhaitaient pas recruter des personnes étrangères étaient pourvus du code BBB, pour "Blanc Bleu Belge" (une race de viande bovine belge, ndlr).

SOS Racisme, alerté par des suspicions de pratiques similaires en France, avait mené une vaste enquête, et décidé de se constituer partie civile, le 20 septembre 2007.

Une instruction avait été ouverte, mais la chambre du conseil de Bruxelles avait décidé fin 2009 de ne pas renvoyer la société de travail intérimaire devant le tribunal correctionnel. Elle constatait que l'instruction avait été menée en français, et non en néerlandais, alors que le siège central d'Adecco se situe en Région flamande.

SOS Racisme, la FGTB et KifKif avaient alors décidé d'introduire une action au civil en dommages et intérêts devant le tribunal de première instance de Bruxelles pour discrimination à l'embauche et violation de la loi contre le racisme.

Source : rtbf.be le 14/06

Discrimination à l'embauche : Adecco condamné en première instance

 

Le tribunal de première instance de Bruxelles a donné gain de cause à la FGTB et aux associations SOS Racisme et Kifkif et condamné la société d'intérim Adecco à un euro symbolique à titre de dommages et intérêts pour pratiques illégales de discrimination à l'embauche, a annoncé vendredi le syndicat socialiste.

L'affaire avait éclaté en 2001 à la suite d'une plainte d'un collaborateur d'Adecco. Celui-ci avait dénoncé le fait que des postes pour des missions dans certaines entreprises qui ne souhaitaient pas recruter des personnes étrangères étaient pourvus du code BBB, pour "Blanc Bleu Belge" (une race de viande bovine belge, ndlr). Une instruction avait été ouverte dans la foulée.

La chambre du conseil de Bruxelles avait décidé en 2009 de ne pas renvoyer la société de travail intérimaire devant le tribunal correctionnel car l'instruction à l'encontre de l'entreprise avait été menée en français et non en néerlandais alors que le siège central d'Adecco se situe effectivement en Région flamande.

La FGTB et SOS Racisme avaient alors décidé, en septembre 2009, d'introduire une action en dommages et intérêts contre Adecco devant le tribunal de première instance de Bruxelles pour discrimination à l'embauche et violation de la loi contre le racisme.

"Il s'agit d'une grande victoire dans la lutte contre les discriminations à l'embauche et cette décision permet de dénoncer des pratiques qui sont malheureusement encore trop fréquentes dans l'ensemble des secteurs, y compris dans l'intérim, mais qu'il est souvent difficile à poursuivre faute de preuves suffisantes", se réjouit la FGTB dans un communiqué.

La FGTB et SOS Racisme annoncent par ailleurs avoir décidé "de porter l'échec du dossier pénal devant la Cour européenne des droits de l'Homme afin d'y dénoncer le non-respect du principe du droit au procès équitable". Le syndicat et l'association reprochent à l'Etat belge, et au parquet du procureur du Roi, de ne pas avoir mis tout en oeuvre pour poursuivre Adecco pour pratiques discriminatoires.

Belga

Source : rtbf.be le 03/06

22:13 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adecco, discrimination, racisme, belgique, sos racisme |  Facebook |

10 juin 2011

Rejet de la plainte contre Claude Guéant pour propos racistes

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Source de l'image : Maester
PARIS (Reuters) - La Cour de justice de la République (CJR) a rejeté vendredi une demande d'enquête sur le ministre de l'Intérieur Claude Guéant pour "incitation à la discrimination raciale".

Cette décision ne peut pas faire l'objet d'un appel, ce qui dégage l'avenir judiciaire du ministre, qui était menacé de poursuites susceptibles d'affaiblir sa position, à l'image de son prédécesseur Brice Hortefeux.

L'avocat de SOS Racisme, l'ONG qui avait saisi la CJR, s'est déclaré "atterré" par une décision qui risque d'être vécue "comme un déni de justice par les millions de personnes qui se sentaient visées" par les propos du ministre.

"Il est difficilement compréhensible que des personnages politiques dans l'exercice de leurs fonctions ne puissent pas répondre de leurs propres actes", a dit Me Patrick Klugman à Reuters.

"Il est malheureux dans cette affaire que les victimes n'aient pas eu accès aux juges", a-t-il ajouté, soulignant que SOS Racisme n'avait pas droit à un recours.

SOS Racisme avait saisi la CJR sur les propos tenus notamment le 4 avril par le ministre, en marge d'un déplacement à Nantes et à la veille du débat de l'UMP sur la laïcité.

Dans sa requête, l'association rappelait ses déclarations : "En 1905, il y a avait très peu de musulmans en France, aujourd'hui il y en a entre 5 et 6 millions. L'accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème."

Pour l'association, les propos du ministre n'étaient pas "un simple dérapage" mais s'inscrivaient dans un discours récurrent "fondé pour l'essentiel sur la xénophobie et la discrimination."

Outre les ONG antiracistes, l'opposition de gauche accuse Claude Guéant de reprendre systématiquement depuis sa prise de fonctions les thématiques du Front national.

"MINISTRE DU FN" ?

Pour Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, Claude Guéant, est "devenu le ministre du FN".

La présidente du parti d'extrême droite, Marine Le Pen, a de son côté ironisé sur ce proche de Nicolas Sarkozy, ancien secrétaire général de l'Elysée, estimant qu'il méritait une carte de "membre d'honneur" du FN.

SOS Racisme avait relevé dans sa requête toute une série de propos litigieux du ministre.

Dans le journal Le Monde du 15 mars, Claude Guéant expliquait que "les Français ont le sentiment que les flux (migratoires) non maîtrisés changent leur environnement."

"Ils ne sont pas xénophobes. Ils veulent que la France reste la France", disait-il

Le prédécesseur de Claude Guéant, Brice Hortefeux, a été condamné pour injure raciale le 4 juin 2010 puis en décembre dernier pour atteinte à la présomption d'innocence.

Jeudi, le parquet a réclamé sa relaxe lors du procès en appel pour des propos jugés racistes en première instance.

Ces condamnations, qui ne sont pas définitives, avaient affaibli la position de ce fidèle de Nicolas Sarkozy, écarté du gouvernement lors du remaniement de février dernier.

Source : Nouvel obs avec Reuters : Gérard Bon et Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

13:33 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : gueant, discrimination, cours de justice, sos racisme |  Facebook |

 
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