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12 janvier 2011

POLEMIQUE AUTOUR DU PROCES ZEMMOUR

Alors que SOS Racisme s'étonne "de la tonalité des rendus du premier jour du procès" du chroniqueur, cité en justice pour diffamation et provocation à la haine raciale par plusieurs associations, les avis sont partagés à l'Assemblée nationale.

1255154.jpgLes réactions se multiplient alors que se termine vendredi après trois jours d'audience le procès du chroniqueur Eric Zemmour, cité en justice pour diffamation et provocation à la haine raciale par plusieurs associations. Ce dernier a cependant reçu le soutien du sénateur Jean-Pierre Chevènement officialisé par une lettre envoyée au tribunal.


Ainsi, dans un communiqué SOS Racisme s'étonne mercredi 12 janvier "de la tonalité des rendus du premier jour du procès". "Le cœur du procès intenté à l'encontre d'Eric Zemmour pour diffamation raciale et incitation à la haine raciale consiste en des éléments que la défense de ce dernier tait soigneusement", explique l'association.

Toujours selon le communiqué : "Si M. Zemmour se pose en défenseur du 'politiquement incorrect', il devra assumer – ce qu'il a eu beaucoup de mal à faire devant les juges – que son 'politiquement incorrect' consiste en la contestation des lois d'une République qu'il invoque pourtant régulièrement". "Il devra également assumer que, malgré sa contestation d'une ethnicisation de la société que les organisations antiracistes auraient, selon lui, impulsée, il voit la société à travers les lunettes du racialisme en définissant de fait les populations noires et arabes comme des populations criminogènes que la police devrait davantage contrôler que les autres", affirme encore SOS Racisme.

Du côté de l'Assemblée nationale, les réactions au procès du chroniqueur sont contrastées.

Indignation

A gauche, on s'indigne le plus souvent des propos tenus par Eric Zemmour lors de deux émissions de télévisions (sur Canal + et France Ô).

Ainsi, le député communiste Maxime Gremetz estime qu'ils sont "inadmissibles". "Et sur la base de quel rapport Chevènement dit-il que la moitié des délinquants sont arabes ou autre chose? Il y a des statistiques là-dessus? Il n'y en a pas", affirme le député.

De la même façon, la députée socialiste Sandrine Mazetier "espère que la justice va passer". "Zemmour l'a bien cherché!", a-t-elle déclaré.

Le député socialiste Tony Dreyfus est plus timoré et estime que ses propos sont "inopportuns".

"Liberté de pensée" ?

A droite, plusieurs députés défendent le chroniqueur controversé et félicitent la démarche de Jean-Pierre Chevenement.
Ainsi, Lionnel Luca soutient ouvertement Eric Zemmour. Selon lui, ses propos "ne sont pas racistes. "Un propos raciste, c'est quand on calomnie, qu'on lui reproche d'être ce qu'il est. Faire un constat vrai ou faux, c'est la liberté de pensée. Donc, aujourd'hui, on met en cause la liberté d'expression dans notre pays. C'est la société orwellienne que certains veulent organiser!", justifie Lionnel Luca.

Idem du côté de Jacques Myard. "Il faut appeler un chat un chat et il faut cesser l'hypocrisie", a déclaré le député. "Je trouve très dangereux que ces associations qui devraient défendre les droits de l'Homme se lancent dans des polémiques de bas étage!", a-t-il ajouté.

Enfin, la députée Véronique Besse, dans un communiqué "s'inquiète que la France ne soit plus aujourd'hui le pays de la liberté d'expression mais celui de la surveillance généralisée de la pensée".

"Politiquement correct"

Lors des premiers jours du procès, Eric Zemmour a défendu avec vigueur ses propos controversés sur "les Noirs et les Arabes", assurant ne pas être un "provocateur", mais un observateur fidèle de la réalité qui refuse le "politiquement correct".

Dans l'émission de Thierry Ardisson "Salut les terriens", diffusée sur la chaîne cryptée, Eric Zemmour s'était indigné, après l'intervention d'un de ses contradicteurs sur les contrôles au faciès. "Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois ?, avait-il lancé. Pourquoi ? : parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait".

Quelques heures plus tôt, sur le plateau de "L'Hebdo", une émission de France Ô, il avait déjà tenu des propos controversés. Les employeurs "ont le droit" de refuser des Arabes ou des Noirs, avait-il ainsi répondu à une question.

Source :  Nouvelobs.com

 
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