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30 juin 2011

L'origine ethnique, premier facteur de discrimination pour 7 DRH sur 10

DRH lucides mais inhibés, managers " borderline ", salariés ambivalents, rumeur ravageuse... Cegos dévoile son premier baromètre sur les pratiques de la diversité en entreprise. Les résultats sont accablants. La preuve en 6 chiffres clés.

Marie-Madeleine Sève pour LEntreprise.com, publié le 28/06/2011

71 % des DRH placent l'origine ethnique en tête des critères de discrimination (1), un chiffre cohérent avec les résultats de la Halde. Mais ces sondés se montrent moins radicaux lorsqu'il s'agit de leur propre entreprise : 9 % des DRH seulement assument alors ce " palmarès ". " Ils ont des difficultés à parler ouvertement du problème. Du coup, ils le minimisent explique Annick Cohen-Haegel responsable des formations RH chez Cegos et qui a copiloté l'étude. Ceux qui ont répondu sont les plus sensibilisés au sujet ". En seconde position des discriminations les plus fréquemment rencontrées vient le critère de l'âge (69 %), puis du sexe (68 %) et du handicap (50 %).

36 % des salariés font de l'apparence physique le critère discriminant n°2. Derrière l'âge (41 %) et avant le sexe (32 %). Une surprise pour les experts de Cegos. La surcharge pondérale ou un aspect disgracieux joue beaucoup sur la décision lors des recrutements ou des promotions. Les codes sociaux, les stéréotypes conscients ou non qu'on aurait pu croire dépassés font donc de la résistance. " Une femme mignonne sera, quant à elle, désavantagée dans les milieux très masculins " nuance Annick-Cohen Haegel. Mais ce doit être plus rare...

30 % des salariés fustigent la rumeur. C'est la plus insidieuse des formes de discrimination. Les sous-entendus à connotation sexuelle, les plaisanteries sur les blondes, sur les jeunes des cités, sur les groupes ethniques ou religieux, les agressions verbales et les injures sont dévastatrices. Le public rit souvent jaune. Alors qu'il devrait dire " stop " ou " carton rouge ! ". En outre, le " j'ai entendu dire..." qui annonce des informations visant à discréditer un collègue dédouane le colporteur des ragots. " Le bourreau n'est pas identifié, insiste Annick Cohen-Haegel. C'est l'anonymisation de l'agression. Personne ne court de risque. A la différence du harcèlement, la rumeur ne peut pas être punie ! ".

56 % des témoins laissent faire... Dire c'est prendre le risque de ne pas être cru, ou d'encourir des représailles. Voire de perdre son emploi. Ainsi 25 % des salariés n'ont pas jugé nécessaire de parler de ce qu'ils ont vu ou entendu, ni d'intervenir. Ils pensent que dans le fond ce n'est pas si grave, que ça fait partie de la vie. Sans prendre en considération le phénomène de répétition qui pourrit la vie de l'autre. Et 30 % se détournent parce qu'ils ne se sentent pas à l'aise.

39 % des DRH accusent les managers directs d'être de terribles agents discriminateurs. Les DRH sont aussi 23 % à dénoncer la ligne managériale (n+1, n+2, etc.) et 14 % les membres du Codir (Comité de direction). Ce qui fait pas mal de responsables " borderline " ou hors la loi dans leurs agissements. Souvent de façon spécieuse. " J'ai vu des managers récuser un candidat sous prétexte d'un défaut de compétence, raconte Annick Cohen-Haegel, ex-DRH opérationnel. Or, on devine bien qu'il s'agit d'une discrimination. Il faut décoder et avoir le courage de lutter. "

34 % des salariés accusent leurs collègues de discriminer. En général, on s'attend moins à ce que les attitudes perverses viennent de ses collègues. Un résultat corroboré par une étude du CSA (menée en 2009 avec la Halde) soulignant que ses camarades discriminent autant que ses supérieurs. Jalousie sur un poste, tensions sur un projet, crispations en réunion, personne n'est à l'abri d'un mot déplacé ou d'une peau de banane envers les plus fragiles.

(1) Enquête menée en mars et avril 2011 avec la Chaire Management et Diversité de la Fondation Paris-Dauphine auprès de 1045 salariés et 160 DRH ou RRH.

Source : Lexpress.fr

13:03 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : discrimination, salarié, drh, rapport, étude, sondage, cegos |  Facebook |

Testing au logement à Villeurbanne : les gens "d'origine maghrébine" discriminés

DISCRIMINATION - C'est une première en France. La municipalité de Villeurbanne a collaboré avec un réseau de bailleurs privés pour réaliser un testing au logement à vocation "pédagogique". Résultat : les candidats "d'origine maghrébine" à la location d'un logement ont été défavorisés plus d'une fois sur deux, et jusqu'à neuf fois sur dix dans le quartier central des Gratte-Ciel. En réaction à cette nette discrimination, qui relève du délit, Villeurbanne et un groupe d'agences immobilières volontaires sont prêts à s'engager dans un partenariat inédit.

Depuis février 2010, la ville de Villeurbanne s'est engagée dans un Plan de lutte contre les discriminations au logement, aux côtés de l'Etat, du Grand Lyon, de bailleurs sociaux, d'organisations professionnelles et d'associations de locataires. Pour affiner son action, le maire Jean-Paul Bret (PS) a commandé un testing au logement à grande échelle (une centaine de tests) dont la réalisation a été confiée à ISM-Corum, Centre d'Observation et de Recherche sur l'Urbain et ses Mutations à Lyon. Ensemble, ils ont retenu comme seul critère discriminant celui de l'origine, "singulièrement maghrébine", "critère évoqué par le nom, le prénom et l'apparence physique des "testeurs"" précise Eric Cédiey, directeur général d'ISM-Corum. Pour le reste : âge, type de profession, niveau de revenu, situation de famille, solidité des garants, etc. tout était similaire.

Contrairement aux opérations lancées par la Halde ou SOS Racisme, à visées statistiques ou juridiques, Villeurbanne a fait le choix d'un testing "pédagogique". Il s'agit "d'accompagner les acteurs du logement vers une prise de conscience et non de les sanctionner" précise le maire. Les agences immobilières - une quinzaine à Villeurbanne et une dizaine à Lyon - ont donc été informées en amont de la réalisation de ce testing, mais pas du critère retenu. L'autre moitié des tests a été réalisée auprès de particuliers.

Cette information préalable n'empêche pas des résultats assez édifiants. "Les candidats "français de souche" n'ont quasiment rencontré aucun obstacle dans leur recherche de logement alors que les candidats d'origine maghrébine ont été défavorisés plus d'une fois sur deux. Les écarts sont suffisamment nets pour caractériser une discrimination dans l'accès au logement" analyse Eric Cédiey qui précise que "L'essentiel des discriminations se sont révélées après la visite du logement". Au moment clé de la constitution du dossier.

Autres enseignements de cette étude : "La discrimination sur l'origine se manifeste plus violemment sur les hommes que sur les femmes". Et  "Le risque de discrimination augmente avec l'attractivité du secteur : les candidats maghrébins ont été désavantagés jusqu'à neuf fois sur dix dans le quartier des Gratte-Ciel" explique le scientifique. "Que les quartiers les plus prisés, les plus beaux, discriminent le plus, c'est ce qui fait que des gens sont assignés à résidence dans une société qui prône pourtant le vivre ensemble et la mixité sociale" commente Marisa Lai-Puiatti, responsable Rhône-Alpes Auvergne du Défenseur des droits. Selon elle, "le déni de la discrimination, particulièrement dans le logement, reste énorme" quand il est plutôt moindre dans le travail.

Si elle confirme ce que beaucoup constatent au quotidien, l'étude révèle une surprise : les résultats sont similaires pour les agences immobilières et les particuliers. Autrement dit, les professionnels du logement, censés être au fait de la loi qui punit de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende les faits de discrimination, discriminent autant que les particuliers. Souvent ignorants de la loi, les propriétaires sont pourtant plus enclins à penser qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent de leur bien. "Les professionnels sont entre le marteau et l'enclume ; ils subissent la pression des propriétaires sur un marché tendu" justifie Lionel Leifer, administrateur de la FNAIM du Rhône.

Il existe de multiples façons de contourner la règle égalitaire affichée du "premier dossier complet, premier servi". Tarder à rappeler tel candidat ou inversement permettre à tel autre de constituer son dossier plus rapidement en lui donnant la liste des pièces à fournir par avance. Demander des pièces ou des garanties complémentaires à l'un et pas à l'autre, motiver l'un ou décourager l'autre, dire à l'un qu'il est difficile de se garer dans le quartier, et à l'autre qu'il y a un garage… "La plupart des discriminations ne sont pas intentionnelles ; elles relèvent plutôt de mauvaises pratiques" commente Eric Cédiey.

"Le constat est fait. Aux organisations professionnelles de prendre leurs responsabilités" assure Lionel Leifer de la FNAIM, qui cite la mise en place de modules de formations avec le Défenseur du droit ou l'ajout des textes de loi contre la discrimination dans les actes de vente. "C'est par l'information du public qu'on pourra avancer" estime-t-il.

Un projet de partenariat entre Villeurbanne et un groupe d'une dizaine d'agences immobilières volontaires se met en place, prévoyant un parcours de formation puis la création d'un label valorisant les agences qui s'engagent contre les discriminations. Objectif : faire changer les pratiques et démontrer que la discrimination au logement n'est pas "une fatalité à laquelle se résigner".

Source : Anne-Caroline JAMBAUD pour Libération à Lyon

12:53 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : discrimination, testing, villeurbanne, ism corrum, logement |  Facebook |

29 juin 2011

Paul Girot de Langlade, ex-préfet, condamné pour injure raciale

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La Cour d’appel de Paris à confirmé aujourd’hui la condamnation de l’ex-préfet Paul Girot de Langlade.

Ce dernier a été condamné à une peine d’amende de 1200€ avec sursis et 800€ de dommages et intérêts pour injure raciale à l’encontre de deux agents de sécurité.

Par cette décision, la Cour d’Appel de Paris vient de rappeler que nul n'est au dessus des lois, et ce malgré le retournement, politique?, du parquet qui avait demandé la condamnation en première instance et la relaxe en appel…

Il n’est en effet pas admissible qu’un représentant de l’Etat puisse tenir des propos de cette nature et doit être tenu à un devoir d'exemplarité.

Ces propos s’inscrivaient dans un contexte de libération de la parole raciste suite au débat sur l’identité nationale.

Souvenez vous : le 31 juillet 2009, Paul Girot de Langlade, alors préfet hors-cadre chargé des états généraux de l’Outre-Mer, est en transit à Orly en compagnie de son épouse. Au moment du contrôle, l’alarme retentit et le ton monte avec les agents de sécurité qui reprochent au haut fonctionnaire de se plier de mauvaise grâce aux consignes et de vouloir « passer en force ». Une certaine confusion s’ensuit et, en quittant le portique, M. Girot de Langlade s’emporte et dit : «On se croirait en Afrique ici!».

16 juin 2011

Exclusif :: Dossier Adecco Belgique, le nom des entreprises

2001, le parquet de Bruxelles décide de lancer une enquête à charge d’Adecco pour discrimination à l’embauche, suite à une dénonciation du Centre pour l’égalité des chances. Huit ans plus tard, Adecco s’en sort sans condamnation pénale, faute d’enquête sérieuse. Mais grâce à l’obstination de la FGTB et de SOS Racisme, Adecco sera finalement condamné. Le nom des entreprises qui ne voulaient pas d’intérimaires d’origine étrangère n’avait jamais été révélé. Solidaire répare cet « oubli ».

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Cette page vient du dossier de l'enquête harge d'Adecco, en 2001. On peut voir les demandes « personnalisées » des entreprises. Retrouvez toutes les pages sur www.solidaire.org.

« Blanc-Bleu-Belge uniquement »

Il y a dix ans, un employé de la société d’intérim avait transmis certains documents internes démontrant qu’Adecco se livrait à des pratiques discriminatoires à l’égard des candidats travailleurs d’origine étrangère. L’enquête qui suivra sera bâclée par les autorités judiciaires. D’énormes fautes de procédure seront commises. Au point qu’après plus de 8 ans de procédure, les poursuites à charge d’Adecco seront déclarées irrecevables. Il n’en reste pas moins que les éléments de cette enquête sont édifiants : il existait bien une pratique généralisée au sein d’Adecco qui visait à satisfaire les entreprises qui ne voulaient pas les services d’un intérimaire d’origine étrangère. Grâce à la FGTB et SOS Racisme (voir plus loin), l’agence d’intérim est enfin reconnue coupable de discriminations à l’embauche.

Ces discriminations à l’embauche sont punies par la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie et diverses conventions collectives de travail. Les perquisitions opérées en 2001 auprès du siège d’Adecco ont révélés qu’au moins une centaine d’entreprises ont demandé les services de la société d’intérim en précisant qu’elles ne voulaient pas d’étrangers1.

La société de vêtements Benetton s’est fait une renommée internationale par ses campagnes marketing axées sur la diveristé. « United Colors of Benetton ». La réalité est bien loin de ce slogan publicitaire. Le dossier pénal à charge d’Adecco révèle que le magasin de Benetton à Bruxelles aurait sollicité de la société d’intérim des « vendeuses full-time. Jeunes et dynamiques » mais « BBB » (Blanc-Bleu-Belge) ... Et ce n'est qu'un exemple.

« A la limite turque ou yougo »

Certaines de ces entreprises ont formulé des exigences plus précises : « BBB ou impeccable – pas de racaille », ou « BBB, super mignonne (style hôtesse de l’air) » pour un travail administratif et  de contact téléphonique, « 2 femmes de ménage pour travailler de 17h à 20h30 BBB !!! (… à la limite turque ou yougo) ». Ou cette société de dépannage qui a demandé un « BBB car travaille souvent avec la police …».

Cette liste des entreprises qui auraient exigé d’Adecco des travailleurs « bien de chez nous » est révélatrice des discriminations massives à l’embauche. Il est vraiment regrettable que l’enquête pénale à charge d’Adecco n’ait pas fait plus d’efforts pour établir à quel point ces entreprises se sont livrées à des pratiques discriminatoires dans le recrutement de leur personnel. L’impunité dans ce domaine est criminelle, en particulier quand on voit que le phénomène est encore tout à fait actuel.

Selon le dossier pénal à charge d’Adecco, les entreprises suivantes auraient sollicité un travailleur intérimaire en exigeant que celui-ci soit uniquement « BBB » ou en précisant qu’elles ne voulaient « pas d’étrangers » ou « pas d’arabes » :

A&A Electrics, A.v.D. Belgium, Agence Duchene SA, Aon Belgium, Apover, Aufisco, Axima, BMW Brussels, BC Components, Beguelin Import, Benetton Retail Belgium, Berchem Pneu, BFGoodrich Europe, Bois Henri Lochten, Ghysels, Bracco Belgium sa, BV Tourisme, C&A, Carli Gry, Cegeac, Centrale américaine, Chehoma, Clinique Saint-Jean, Church’s english shoes, City parkings sa, Cliff Tailor, Cobema, Comax, Contigea, Defitech, Delhaize le Lion, Dépannage Wattiez, Distri Shoe, Electrabel Distribution, Electrolor, Equipo SPRL, Eurocavi Europe, Forma, Fort James, Garage du stade, Godiva, Group 4 Maintenance, Guilbert Belgium, Hades, Interbrew Belgium, ITD Fashion outlet, Itel Tech, JB carrosserie, JVC Belgium, La galerie Marie-Christine, Les musts de Cartier, Losdyck Paint, Maison Theunissen, Melisana, Mench Industry S.A., N.D.A Vandenhouwe, Nachtergaele, Noritsu, OCA S.A., Papeteries Aubry, Peugeot Technic Auto, Poot Printers, Press Shop, Putman SA, Ready, Ria, Rioglass International, Security Infor, Stephane Davidts SPRL, Swatch group, TEM, Tempolec International, Transfer, Universal group, Univex, VG Plastic, Vice-Versa, Woluwe parkings, …

1. Retrouvez la liste complète des entreprises ici

Le jugement (uniquement en néerlandais) ici

Source : ptb.be : Jonathan Lefèvre

16:39 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adecco, discrimination, condamnation, belgique |  Facebook |

14 juin 2011

Discrimination: Adecco doit verser 25 000 euros à SOS Racisme

L'association française SOS Racisme précise que la société d'intérim Adecco a été condamnée à lui verser 25 000 euros, à titre de dommages et intérêts pour pratiques illégales de discrimination à l'embauche. Il s'agit de la plus lourde amende à payer par une entreprise à une association antiraciste pour discrimination, en Europe.

Le tribunal de première instance de Bruxelles a condamné Adecco, le 3 juin dernier, à payer 25 000 euros à SOS Racisme, ainsi que l'euro symbolique à la FGTB et à l'association interculturelle flamande Kifkif, à titre de dommages et intérêts pour pratiques illégales de discrimination à l'embauche.

La société d'interim a décidé d'interjeter appel.

"Blanc Bleu Belge"

L'affaire remonte à 2001.

Un collaborateur d'Adecco avait dénoncé le fait que des postes pour des missions dans certaines entreprises qui ne souhaitaient pas recruter des personnes étrangères étaient pourvus du code BBB, pour "Blanc Bleu Belge" (une race de viande bovine belge, ndlr).

SOS Racisme, alerté par des suspicions de pratiques similaires en France, avait mené une vaste enquête, et décidé de se constituer partie civile, le 20 septembre 2007.

Une instruction avait été ouverte, mais la chambre du conseil de Bruxelles avait décidé fin 2009 de ne pas renvoyer la société de travail intérimaire devant le tribunal correctionnel. Elle constatait que l'instruction avait été menée en français, et non en néerlandais, alors que le siège central d'Adecco se situe en Région flamande.

SOS Racisme, la FGTB et KifKif avaient alors décidé d'introduire une action au civil en dommages et intérêts devant le tribunal de première instance de Bruxelles pour discrimination à l'embauche et violation de la loi contre le racisme.

Source : rtbf.be le 14/06

Discrimination à l'embauche : Adecco condamné en première instance

 

Le tribunal de première instance de Bruxelles a donné gain de cause à la FGTB et aux associations SOS Racisme et Kifkif et condamné la société d'intérim Adecco à un euro symbolique à titre de dommages et intérêts pour pratiques illégales de discrimination à l'embauche, a annoncé vendredi le syndicat socialiste.

L'affaire avait éclaté en 2001 à la suite d'une plainte d'un collaborateur d'Adecco. Celui-ci avait dénoncé le fait que des postes pour des missions dans certaines entreprises qui ne souhaitaient pas recruter des personnes étrangères étaient pourvus du code BBB, pour "Blanc Bleu Belge" (une race de viande bovine belge, ndlr). Une instruction avait été ouverte dans la foulée.

La chambre du conseil de Bruxelles avait décidé en 2009 de ne pas renvoyer la société de travail intérimaire devant le tribunal correctionnel car l'instruction à l'encontre de l'entreprise avait été menée en français et non en néerlandais alors que le siège central d'Adecco se situe effectivement en Région flamande.

La FGTB et SOS Racisme avaient alors décidé, en septembre 2009, d'introduire une action en dommages et intérêts contre Adecco devant le tribunal de première instance de Bruxelles pour discrimination à l'embauche et violation de la loi contre le racisme.

"Il s'agit d'une grande victoire dans la lutte contre les discriminations à l'embauche et cette décision permet de dénoncer des pratiques qui sont malheureusement encore trop fréquentes dans l'ensemble des secteurs, y compris dans l'intérim, mais qu'il est souvent difficile à poursuivre faute de preuves suffisantes", se réjouit la FGTB dans un communiqué.

La FGTB et SOS Racisme annoncent par ailleurs avoir décidé "de porter l'échec du dossier pénal devant la Cour européenne des droits de l'Homme afin d'y dénoncer le non-respect du principe du droit au procès équitable". Le syndicat et l'association reprochent à l'Etat belge, et au parquet du procureur du Roi, de ne pas avoir mis tout en oeuvre pour poursuivre Adecco pour pratiques discriminatoires.

Belga

Source : rtbf.be le 03/06

22:13 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adecco, discrimination, racisme, belgique, sos racisme |  Facebook |

10 juin 2011

Rejet de la plainte contre Claude Guéant pour propos racistes

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Source de l'image : Maester
PARIS (Reuters) - La Cour de justice de la République (CJR) a rejeté vendredi une demande d'enquête sur le ministre de l'Intérieur Claude Guéant pour "incitation à la discrimination raciale".

Cette décision ne peut pas faire l'objet d'un appel, ce qui dégage l'avenir judiciaire du ministre, qui était menacé de poursuites susceptibles d'affaiblir sa position, à l'image de son prédécesseur Brice Hortefeux.

L'avocat de SOS Racisme, l'ONG qui avait saisi la CJR, s'est déclaré "atterré" par une décision qui risque d'être vécue "comme un déni de justice par les millions de personnes qui se sentaient visées" par les propos du ministre.

"Il est difficilement compréhensible que des personnages politiques dans l'exercice de leurs fonctions ne puissent pas répondre de leurs propres actes", a dit Me Patrick Klugman à Reuters.

"Il est malheureux dans cette affaire que les victimes n'aient pas eu accès aux juges", a-t-il ajouté, soulignant que SOS Racisme n'avait pas droit à un recours.

SOS Racisme avait saisi la CJR sur les propos tenus notamment le 4 avril par le ministre, en marge d'un déplacement à Nantes et à la veille du débat de l'UMP sur la laïcité.

Dans sa requête, l'association rappelait ses déclarations : "En 1905, il y a avait très peu de musulmans en France, aujourd'hui il y en a entre 5 et 6 millions. L'accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème."

Pour l'association, les propos du ministre n'étaient pas "un simple dérapage" mais s'inscrivaient dans un discours récurrent "fondé pour l'essentiel sur la xénophobie et la discrimination."

Outre les ONG antiracistes, l'opposition de gauche accuse Claude Guéant de reprendre systématiquement depuis sa prise de fonctions les thématiques du Front national.

"MINISTRE DU FN" ?

Pour Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, Claude Guéant, est "devenu le ministre du FN".

La présidente du parti d'extrême droite, Marine Le Pen, a de son côté ironisé sur ce proche de Nicolas Sarkozy, ancien secrétaire général de l'Elysée, estimant qu'il méritait une carte de "membre d'honneur" du FN.

SOS Racisme avait relevé dans sa requête toute une série de propos litigieux du ministre.

Dans le journal Le Monde du 15 mars, Claude Guéant expliquait que "les Français ont le sentiment que les flux (migratoires) non maîtrisés changent leur environnement."

"Ils ne sont pas xénophobes. Ils veulent que la France reste la France", disait-il

Le prédécesseur de Claude Guéant, Brice Hortefeux, a été condamné pour injure raciale le 4 juin 2010 puis en décembre dernier pour atteinte à la présomption d'innocence.

Jeudi, le parquet a réclamé sa relaxe lors du procès en appel pour des propos jugés racistes en première instance.

Ces condamnations, qui ne sont pas définitives, avaient affaibli la position de ce fidèle de Nicolas Sarkozy, écarté du gouvernement lors du remaniement de février dernier.

Source : Nouvel obs avec Reuters : Gérard Bon et Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

13:33 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : gueant, discrimination, cours de justice, sos racisme |  Facebook |

 
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