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20 juillet 2011

Le code « BBR » des intérimaires définitivement enterré ?

« BBR » pour « bleu blanc rouge ». Ce code mis en place dans les années 2 000 notamment par des agences d'intérim pour sélectionner des candidats exclusivement d'origine française n'en finit pas de faire parler de lui. Récemment Adecco et l'une de ses filiales ont ainsi été condamnés à verser des dommages et intérêts de 30 000 € à SOS Racisme.

L'affaire date d'il y a dix ans et il aura fallu plus de 5 ans de procédure pour y mettre un terme. Les faits se déroulent en 2 000, alors que Districom (aujourd'hui Ajilon) recrute plus de 200 animatrices pour promouvoir des produits capillaires de la marque Garnier dans les supermarchés. Cette filiale du groupe Adecco aurait alors reçu un fax de la maison mère pour spécifier que seules les candidates répondant au code « BBR » (Bleu Blanc Rouge) devraient être sélectionnées, excluant de fait les personnes d'origine étrangères de la procédure. Une salariée de Districom décide alors de prévenir SOS Racisme, qui porte plainte contre les trois sociétés ainsi que plusieurs cadres.

La suite est faite de rebonds judicaires. En première instance, le tribunal correctionnel de Paris relaxe les trois sociétés et leurs cadres, estimant que les poursuites basées sur le motif de « refus d'embauche en raison d'un critère discriminatoire » ont « été engagées à partir de suppositions et d'approximations ». Mais un an plus tard, après requalification des faits, le 6 juillet 2007, la cour d'appel de Paris condamne Garnier, Adecco et Ajilon (ex-Districom) à payer 30 000 euros d'amende chacun pour avoir subordonné une embauche à des critères discriminatoires (en plus de l'origine, les candidates devaient avoir de 18 à 22 ans et avoir une taille de vêtement comprise entre le 38 et le 42). Elle condamne aussi Garnier, Adecco et sa filiale à payer solidairement 30 000 euros de dommages et intérêts à SOS Racisme qui s'était porté partie civile. Seulement les trois sociétés se pourvoient en cassation et la Cour annule alors la condamnation civile... Le 28 juin dernier, la Cour d'appel de Paris a pourtant estimé que SOS Racisme était recevable comme partie civile et remis au goût du jour les 30 000 euros de dommages et intérêts.

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18 juillet 2011

Plus d'1 million de personnes au concert pour l'égalité

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SOS Racisme renoue avec les grands concerts de mobilisation À l’occasion du 14 juillet, l’association SOS Racisme a renoué avec la tradition des grandes mobilisations grâce à un « concert pour l’égalité » donné sur le Champ de Mars à Paris. (Chloé Rondeleux)

Entre 500 000 et un million de personnes ont assisté au concert pour l'égalité sur le Champ de Mars à Paris. Un moyen d’attirer l’attention des citoyens et celle des candidats à un an des élections présidentielles.

Avec cet article Un concert du 14 juillet à Paris sous le signe de l'égalité Retraites, les leçons d'une mobilisation A l'université, la mobilisation contre la réforme des retraites reste limitée Mobilisation contre la réforme des retraites, une semaine tendue Pour son retour sur la scène des grandes fêtes populaires, SOS Racisme a vu grand : le Champ de Mars, au pied de la Tour Eiffel.

La programmation comptait une vingtaine d’artistes, dont des célébrités comme Yannick Noah, Bénabar ou encore Nolwenn Leroy. Débats et tables rondes ont rythmé la journée sur le site du village associatif où une soixantaine d’organisations étaient présentes. Une telle mobilisation autour d’un grand concert, gratuit et en plein air, ne s’était pas produite depuis près de 20 ans.

Le dernier rendez-vous de cette envergure remonte au 14 juillet 1992 avec le concert « l’Europe des potes » organisé à Paris. « Au moment de sa création en 1984 et tout au long des années 1980, SOS Racisme a organisé beaucoup de grandes mobilisations. À l’époque, on a d’ailleurs reproché à l’association ces vastes opérations médiatiques jugées peu efficaces pour combattre les discriminations », explique Jean-Yves Camus, politologue et chercheur associé à l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques).

« Ces dernières années, SOS Racisme n’a plus été à l’initiative de grandes mobilisations mais cette absence ne signifie pas qu’elle a arrêté ses actions, estime Jean-Yves Camus. Elle était plus présente sur le terrain juridique avec des opérations de testing destinées à mesurer le degré de préjugés. » Une réponse au climat ambiant Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, l’idée d’un concert pour l’égalité s’est imposée par la dégradation des discours. En ligne de mire les déclarations du ministre de l’Intérieur Claude Guéant en mars dernier affirmant que « les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux » du fait d’une « immigration incontrôlée » et le débat controversé sur l’identité nationale lancé par le gouvernement.

À cet égard, le concert pour l’égalité du 14 juillet s’inscrit dans la continuité de la campagne « La France c’est nous » lancée par l’association en 2010. Dominique Sopo est président de SOS Racisme depuis 2003. Dominique Sopo explique pourquoi la forme du concert lui paraît la plus appropriée pour porter les valeurs défendues par SOS Racisme. « Chanter les préoccupations des gens » Le chanteur Idir fait partie de la vingtaine d’artistes ayant répondu présent à l’invitation de SOS Racisme.

À 65 ans, l’artiste n’en est pas à son premier concert de soutien. « J’ai eu la chance de participer à un certain nombre d’actions contre l’exclusion, le racisme, le sida ou l’homophobie », témoigne-t-il. Son thème de prédilection est la question de l’identité qui a inspiré son dernier album La France des couleurs sorti en 2007. Sylvie qui a fait le déplacement jusqu’au Champ de Mars avec une amie a apprécié la « qualité » de la programmation avec des artistes qu’elle a découverts à cette occasion. Sylvie, 60 ans, est venue avec son amie assister au concert sur le Champ de Mars.

Céline et Julie, deux jeunes amies, critiquent pour leur part le choix des artistes qu’elles estiment pas toujours bien en accord avec SOS Racisme mais elles ont été agréablement surprises d’entendre HK & les Saltimbanks, un groupe qu’elles affectionnent particulièrement. « Ce concert est un point de départ à une mobilisation », a déclaré Dominique Sopo sur scène le jour du concert. Le public venu nombreux, entre 500 000 et un million de spectateurs, semble avoir entendu le message.

Source : Chloé RONDELEUX pour La Croix

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11 juillet 2011

Adecco tente de faire taire SOS Racisme

COMMUNIQUE DE PRESSE

SOS Racisme découvre avec consternation que les sociétés Adecco et Ajilon (ex-Districom) ont formé un nouveau pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Cour d’appel de Paris du 28 juin 2011 les condamnant solidairement avec la société Garnier (Groupe l’Oréal) à verser 30 000€ de dommages-intérêts à notre association.

SOS Racisme s’interroge sur l’utilité de cet ultime recours alors que par un arrêt du 23 juin 2009 la Cour de cassation avait confirmé partiellement l’arrêt rendu par  la Cour d’appel de Paris le 6 juillet 2007, lequel condamnait les trois sociétés précitées à payer respectivement 30 000 euros d’amende pour discrimination raciale à l’embauche ainsi qu’à payer solidairement 30 000 euros de dommages-intérêts à l’association SOS Racisme.

Ainsi, ce nouveau pourvoi vise uniquement à contester les dommages-intérêts perçus par SOS Racisme dans le cadre de cette affaire.

L’attitude revancharde de ces grands groupes français est inadmissible et vise en réalité à exercer une pression sur notre organisation, pour nous empêcher de continuer notre combat visant à poursuivre les entreprises qui mettent en place des pratiques discriminatoires.

Ce recours intervenant juste après la récente condamnation; suite à une autre action de SOS Racisme, d’Adecco à Bruxelles le 31 mai dernier pour discrimination.

Après plus de dix ans de procédure, les sociétés Adecco et Ajilon devraient plutôt dépenser leur énergie à mettre en place des systèmes efficaces pour lutter contre les discriminations en leur sein.

Loïc RIGAUD - Responsable du Pôle Anti-discriminations de SOS Racisme

07 juillet 2011

L'Oréal et Adecco condamnés pour discrimination raciale à l'embauche

L'Oréal et Adecco condamnés pour discrimination raciale à l'embauche
© REA

Après cinq années de procédure, SOS Racisme a obtenu la condamnation du leader français de l'intérim, de sa filiale Ajilon et du fabricant de cosmétiques, Garnier (groupe l'Oréal), pour discrimination raciale. Ces entreprises utilisaient le code BBR pour "Bleu Blanc Rouge" pour sélectionner des intérimaires. Cette décision de la cour d'appel de Paris promet de faire jurisprudence.

Satisfecit pour SOS Racisme. Le 29 juin, la cour d'appel de Paris a condamné la société de travail temporaire, Adecco, sa filiale Ajilon (ex-Districom) ainsi que Garnier (groupe L'Oréal) pour discrimination raciale à l'embauche. Les trois sociétés devront verser 30.000 euros de dommages et intérêts à l'association, partie civile dans le dossier.

"Cette condamnation est l'une des plus lourdes enregistrées en France pour discrimination raciale", se félicite Samuel Thomas, responsable des actions judiciaires de l'association anti-raciste. "Un tel montant n'est toutefois qu'une maigre compensation face à des grands groupes capables de dépenser des fortunes pour afficher leur exemplarité", déplore-t-il.

Code "Bleu Blanc Rouge"

L'affaire Adecco-Garnier remonte à 2.000. Districom recrute alors plus de 200 animatrices pour promouvoir des produits capillaires dans les supermarchés. Selon SOS Racisme, l'agence d'intérim aurait alors envoyé un fax au siège d'Adecco pour préciser que seules les candidates répondant au code "BBR" (ndlr, Bleu Blanc Rouge en référence au drapeau français) devaient être sélectionnées. "Les maghrébines, les noires et les femmes d'origine étrangère étaient forcément recalées", commente Samuel Thomas. Parmi les autres critères de sélection : un âge compris entre 18 et 22 ans, des mensurations ne dépassant pas la taille 42. Alerté par une salariée de Districom, SOS Racisme décide de saisir la justice. Après plusieurs rebondissements et cinq ans de bataille judiciaire, la cour d'appel de Paris vient de confirmer les 30.000 euros d'indemnités à verser à l'association.

Bête noire des recruteurs

"Cette décision devrait obliger les employeurs à revoir leurs pratiques", espère Samuel Thomas, qui n'en est pas à sa première victoire. Le 31 mai, SOS Racisme a obtenu la condamnation d'Adecco, en Belgique. Entre 2000 et 2001, la filiale belge spécifiait la mention "BBB" pour "blanc bleu belge" dans ses descriptifs de poste. En juin dernier, le parti des travailleurs belges a publié la liste complète des entreprises commanditaires. On y retrouve des grands noms de la distribution, tels C&A et même Benetton, la marque pourtant renommée pour ses publicités pluriethniques.

En France, Eurodisney, Air France, Chronopost sont suspectées de discrimination. "Les dossiers sont à l'instruction mais la justice avance très lentement", regrette le militant de SOS Racisme. Une information judiciaire contre Disneyland Paris est, par exemple, ouverte depuis 3 ans au tribunal de Melun. La direction du parc d'attraction aurait sélectionné uniquement des Européens pour être en contact avec le public. Air France aurait, de son côté, trié son personnel navigant en fonction de ses origines ethniques pour les affecter à des destinations spécifiques. Une procédure est en cours au tribunal de grande instance de Bobigny. Autant d'affaires qui pourraient écorner l'image de ces grands groupes…

Source : Capital.fr

05 juillet 2011

L'antisémitisme, aperçu sommaire de la situation dans l'Union européenne entre 2001-2010

Le 20 Juin 2011, l'Agence européenne des droits fondamentaux (FRA) a publié son rapport sur "l'antisémitisme, aperçu sommaire de la situation dans l'Union européenne entre 2001-2010".

Le rapport fournit une analyse comparative des incidents antisémites recensés à partir des données statistiques des organisations gouvernementales et non gouvernementales, couvrant les années 2001 à 2009, et, en outre, certains incidents identifiés par les médias.

Le rapport conclut qu'il existe une augmentation des incidents antisémites en 2009, mais une tendance générale à travers les Etats membres de l'UE ne peut pas être établie, en raison d'un manque de données comparables.

Le rapport révèle les résultats suivants:

· Autriche, France, Allemagne et Suède recueillent suffisamment de données officielles sur la justice pénale, permettant une analyse des tendances des crimes antisémites
· Le nombre de crimes antisémites a considérablement augmenté en France et en Suède, et une petite augmentation a également été enregistrée en Allemagne.
· Le nombre de crimes antisémites a diminué en Autriche de 2008 à 2009
· Entre 2001 et 2009, le nombre de crimes antisémites en France ont fluctué d'année en année
· En Allemagne, la tendance générale indique un niveau relativement stable de la criminalité antisémite
· En Suède, après une période relativement stable de 2001 à 2008, le nombre de crimes antisémites a atteint un sommet en 2009


Pour plus d'info, le rapport complet (en anglais)

http://fra.europa.eu/fraWebsite/research/publications/publications_per_year/2011/pub-antisemitism-update-2011_en.htm

Par Muriel Girard, Pôle Anti-discriminations de SOS Racisme

 
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