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16 septembre 2011

Jugement Hortefeux, le droit, et les mots pour le dire

Les juges de la cour d'appel qui ont rendu, jeudi 15 septembre, une décision de relaxe de Brice Hortefeux ont soigneusement motivé leur arrêt.

Celui-ci précise en effet que si les propos de l'ancien ministre de l'intérieur sur les Arabes - "Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a un problème"- ne constituent pas une injure publique susceptible d'entraîner une condamnation, c'est uniquement parce que ceux-ci ont été tenus "sur le ton de la confidence, dans une réunion de militants sans intention de leur donner une publicité"'à caractère privé'. Dans ce cas d'injures non publiques, la loi ne prévoit qu'une peine contraventionnelle, et ne permet donc pas à des associations de se constituer partie civile. Le MRAP est donc déclaré irrecevable, et en conséquence Brice Hortefeux relaxé.

Voilà pour le droit.

Mais sur le fond, les juges considèrent que les propos en cause qui viennent "conforter l'un des préjugés qui altèrent les liens sociaux", sont "outrageants et méprisants à l'égard du groupe formé par les personnes d'origine arabe stigmatisées du seul fait de cette appartenance", ce qui le rend punissable.

La cour d'appel relève en outre qu'en évoquant un "prototype" des personnes de religion musulmane, l'ancien ministre de l'intérieur et donc aussi ancien ministre des cultes, "témoigne d'un évident manque de culture" et "s'offre un malheureux trait d'humour".

Décision Brice Hortefeux

12 septembre 2011

Ni amnistie,ni amnésie : Le Front National hors des facs !

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Photo : Maester

Bruno Gollnisch, responsable du Front National, exclu de ses activités d’enseignants le 3 Mars 2005 pour propos négationnistes, réintègre l’université Jean Moulin comme professeur.

 Alors que les idées d’extrême droite se banalisent de plus en plus dans l’opinion, nous ne laisserons pas le retour à l’université d’un des leaders du Front National devenir un évènement anodin.

 Nous refusons de voir l’université Lyon III Jean Moulin retomber dans les heures les plus sombres de son histoire. L'exclusion de Bruno Gollnisch avait permis de mettre un terme à des années d’apathie envers l’extrême droite au sein de l’établissement. Son retour nous fait craindre, qu’à défaut d’avoir perdu son immunité parlementaire, Bruno Gollnisch ne veuille retrouver une certaine immunité universitaire.

 Parce que de par son rôle et son histoire, l’université française, porteuse de valeurs républicaines, ne saurait devenir une tribune pour l’intolérance, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

 Parce qu'en ce sens, le discours tenu par Bruno Gollnisch ne saurait être compatible avec le métier d'enseignant et le statut de fonctionnaire.

 Parce qu'à aucun moment, il n’a éprouvé le moindre regret sur les déclarations qui l’ont conduit à être exclu de l'enseignement supérieur.

 Parce que depuis six ans, Bruno Gollnisch n’a cessé d’incarner une droite extrême et nauséabonde en défendant par exemple le salut nazi ou en tenant des propos pour lesquels il est actuellement en procès.

 Bruno Gollnisch s’est positionné en marge de la communauté universitaire.  

 Bruno Gollnisch n’a pas sa place au sein de l’institution universitaire. 

 

C’est pour cela que :

 Nous appelons à la creation d’un comité de vigilance des étudiants et personnels de l’université Lyon 3 contre l’extrême droite.

 Nous appelons Bruno Gollnisch à presenter toutes ses excuses quant aux propos qu’il a pu tenir ces dernières années. Si tel n’était pas le cas, nous en appellerions au ministre de l’enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, pour prendre toutes les measures necessaires concernant son exclusion.

 Nous appelons l’ensemble de la communauté universitaire à se mobiliser dans les semaines et mois à venir pour obtenir une exclusion définitive de Bruno Gollnisch

 Nous appelons l’ensemble des citoyens attachés au combat contre le racisme et l’extrême droite à se rassembler contre le retour de Bruno Gollnisch à l’Université Lyon 3 :

 

Mercredi 14 Septembre

16H00

Université Lyon 3 Jean Moulin, 8 rue Rollet

08 septembre 2011

Hérault Un ex-candidat aux cantonales en prison pour des saluts nazis et des insultes racistes

1373663931.pngAffiche de campagne d'Olivier Roudier lors des dernières élections cantonales à Montpellier. (© D.R)

Un militant de la Ligue du Midi, parti de l’ultra-droite, candidat aux dernières élections cantonales à Montpellier (1), a été incarcéré lundi soir. Il a été mis en examen pour rébellion, port d’arme et incitation à la haine raciale après un sérieux dérapage, samedi soir, à la fête de Saint-Nazaire-de-Pézan, dans le Lunellois.

Avec un acolyte, Olivier Roudier, éleveur de cochons de 36 ans, fils de Richard Roudier, responsable départemental de la Ligue, s’est rendu vers 2 h du matin à la fête votive. Particulièrement alcoolisés, ils ont commencé à déraper devant le maire du village sur le thème : "On vient chasser les Arabes." Avec saluts nazis à l’appui, même si le collègue de Roudier, qui a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, a contesté ces gestes.

Selon l’enquête de la brigade de Lunel, ils ne sont pas arrêtés là : ils se sont mis à insulter un vigile et un gendarme réserviste, tous deux d’origine nord-africaine : "Ratons, bicots, les Arabes dehors, on est chez nous, on va tous vous crever, le crâne rasé collabo des melons !"

Les saluts hitlériens ont continué et l’interpellation a été mouvementée. Lors de l’altercation, Olivier Roudier, déjà emprisonné dans le passé (2), a perdu un couteau de type poing américain, ce qui a d’autant plus motivé le parquet à demander son placement en détention provisoire.

"Il se présente armé d’un couteau, particulièrement alcoolisé et il fait des saluts nazis réitérés en présence des gendarmes en prononçant des propos abjects, haineux, d’une violence extrême", a dénoncé le vice-procureur lors du débat devant le juge des libertés et de la détention (JLD).

Cheveux rasés, un gros hématome sur la joue, l’agriculteur, un temps proche des “identitaires”, a fait profil bas. Regrettant son attitude : "Je commence à comprendre la portée de mes actes et de mes gestes et je les déplore profondément, ce n’est pas dans mes habitudes... C’est l’absorption d’une grosse quantité d’alcool, c’est la raison de ces débordements."

Une explication reprise par son avocate, Me Ava Magassa : "Il a un sérieux problème d’alcool, il a besoin de soins, pas d’aller en prison. On n’est pas là pour minimiser, mais il faut relativiser. Il n’a pas sorti le couteau." Mais le port de cette arme, ajouté aux insultes racistes, a motivé le JLD dans sa décision d’incarcération.

Source : YANICK PHILIPPONNAT sur Midi Libre

07 septembre 2011

Un fonctionnaire musulman suspendu à cause de sa barbe ?

Trop longue, pas assez taillée... Un fonctionnaire va-t-il perdre son poste à cause de sa barbe ? La mairie divers gauche de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) qui emploie ce Français d'origine algérienne, s'apprête à le révoquer. Raison invoquée : "manquement aux obligations de réserve, et de neutralité à travers le port d'un signe distinctif". Le maire de la ville, François Asensi, a prévenu RTL à la mi-journée qu'il faisait marche arrière toute, en condamnant fermement cette convocation devant le conseil de discipline.

Ecouter : Georges Brenier | 07/09/2011 - 12h56 écouter Le maire de la ville a joint RTL pour affirmer qu'il n'était pas au courant de cette affaire et qu'il n'était absolument pas d'accord avec la sanction

Georges Brenier | 07/09/2011 - 07h37 écouter Raison officielle invoquée par la mairie de Tremblay-en-France : la barbe du fonctionnaire n'est pas assez taillée

Georges Brenier | 07/09/2011 - 08h49 écouter Maître Guillaume Traynard, l'avocat de Kamel : "on replonge dans les vieux fantasmes"


Une affaire embarrassante pour la mairie de Tremblay-en-France



La municipalité a suspendu au début du mois de juin dernier un de ses employés, Kamel Bendjebbour, 36 ans, un Français d'origine algérienne, engagé auprès de la mairie depuis la fin des années 90.

Le maire de la ville, François Asensi, affirme qu'il n'était pas au courant et qu'il n'est absolument pas d'accord avec l'argument utilisé pour révoquer l'employé Kamel Bendjebbour.

Le maire évoque une sanction disproportionnée et demande le retrait immédiat du dossier devant le Conseil disciplinaire de Tremblay.

Le 2 mai dernier, lors d'un entretien, l'adjoint au maire chargé du personnel communal "demande solennellement" à M. Bendjebbour de tailler sa barbe, devant d'autres employés municipaux.

Tout l'entretien a été secrètement enregistré, et RTL a pu écouter cet enregistrement. "Votre barbe est taillée de telle sorte qu'elle n'apparaît pas comme une barbe normale...votre aspect physique fait que vous n'êtes pas dans la neutralité" explique entre autre l'adjoint à M.Bendjebbour.

A l'heure actuelle, ce dernier est convoqué à la fin de ce mois de septembre en conseil de discipline en vue de sa révocation (la sanction la plus grave pour un fonctionnaire) notamment pour "manquement aux obligations de réserve et de neutralité à travers le port d'un signe distinctif".

Source : rtl.fr

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