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05 juillet 2011

L'antisémitisme, aperçu sommaire de la situation dans l'Union européenne entre 2001-2010

Le 20 Juin 2011, l'Agence européenne des droits fondamentaux (FRA) a publié son rapport sur "l'antisémitisme, aperçu sommaire de la situation dans l'Union européenne entre 2001-2010".

Le rapport fournit une analyse comparative des incidents antisémites recensés à partir des données statistiques des organisations gouvernementales et non gouvernementales, couvrant les années 2001 à 2009, et, en outre, certains incidents identifiés par les médias.

Le rapport conclut qu'il existe une augmentation des incidents antisémites en 2009, mais une tendance générale à travers les Etats membres de l'UE ne peut pas être établie, en raison d'un manque de données comparables.

Le rapport révèle les résultats suivants:

· Autriche, France, Allemagne et Suède recueillent suffisamment de données officielles sur la justice pénale, permettant une analyse des tendances des crimes antisémites
· Le nombre de crimes antisémites a considérablement augmenté en France et en Suède, et une petite augmentation a également été enregistrée en Allemagne.
· Le nombre de crimes antisémites a diminué en Autriche de 2008 à 2009
· Entre 2001 et 2009, le nombre de crimes antisémites en France ont fluctué d'année en année
· En Allemagne, la tendance générale indique un niveau relativement stable de la criminalité antisémite
· En Suède, après une période relativement stable de 2001 à 2008, le nombre de crimes antisémites a atteint un sommet en 2009


Pour plus d'info, le rapport complet (en anglais)

http://fra.europa.eu/fraWebsite/research/publications/publications_per_year/2011/pub-antisemitism-update-2011_en.htm

Par Muriel Girard, Pôle Anti-discriminations de SOS Racisme

15 avril 2011

TRIBUNES : LES JEUNES EGYPTIENS ONT LE BLUES

Alors que les manifestations et la répression reprennent place Tahrir, quelques jours passés au coeur de la révolution égyptienne, auprès des jeunes "facebookiens" qui ont initié et en partie animé le mouvement comme auprès des dirigeants politiques qui portent leurs revendications, m'ont convaincu de la puissance de leur désir de France et de l'importance du soutien international qu'ils demandent.

Près de deux mois après la chute d' Hosni Moubarak, les jeunes révolutionnaires connaissent un syndrome de "revolution blues" : la fougue de leur engagement, leur faim de politique et leur détermination à construire une société plus libérale cohabitent avec un certain pessimisme, la crainte de l'influence islamiste et le manque de perspectives politiques qu'ils sont en capacité de tracer. L'univers des possibles qu'ils ont entrevu s'est réduit, depuis la reprise en main du pouvoir par l'armée, à une lutte de long terme contre l'ancien régime.

La sanglante répression des manifestations du 8 avril, le cas de Maikel Nabil, jeune blogueur pacifiste traduit devant la justice militaire pour avoir critiqué l'armée, ou la nouvelle loi restreignant la liberté de manifestation et de constitution des partis politiques sont là pour nous rappeler que l'armée n'est pas l'alliée de la révolution. Elle s'inscrit dans la continuité du régime Moubarak, notamment par la perpétuation de son alliance, tacite et ambiguë, avec les islamistes.

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11:29 Publié dans INTERNATIONALE, POINT DE VUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : benjamin abtan, egypte, facebook, révolution, arabe |  Facebook |

21 mars 2011

TRIBUNE : "WHITE ONLY"

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Par Benjamin ABTAN, Secrétaire général de l'EGAM (European Grassroots Antiracist Movement) et Membre du Bureau National de SOS Racisme.

Alors qu'une étude récente révèle que dans toute l'Europe, l'accès à une soirée sur deux est réservé aux «whites only», le Secrétaire général de l'European Grassroots Antiracist Movement, Benjamin Abtan, décrit «un renforcement des pratiques discriminatoires dans tous les secteurs de la vie».

Samedi 9 mars dernier, le Mouvement européen antiraciste (EGAM - voir la page Facebook ici), fondé sous l'impulsion de SOS Racisme en novembre 2010, a organisé une grande première sur tout le continent: la Nuit européenne du Testing (voir le rapport joint à l'article). Dans 14 pays, de l'Espagne à la Pologne et de l'Albanie à la Suède, en passant par la Roumanie et la France, quelque 300 militants antiracistes ont testé les discriminations raciales à l'entrée de plus de 70 bars, restaurants et boîtes de nuit des principales villes européennes. Le bilan est simple et préoccupant: une soirée testée sur deux était «Whites only». Les populations discriminées varient d'une région à l'autre: Roms en Europe centrale et balkanique, personnes originaires du Moyen-Orient en Europe du nord, noirs et arabes en Europe de l'est et de l'ouest.

Ce constat est symptomatique d'une tendance lourde: l'Europe connaît, sur l'ensemble de son territoire, un renforcement des pratiques discriminatoires dans tous les secteurs de la vie. Ainsi, ce sont non seulement des millions de Français, comme le dénonçait récemment Robert Badinter, mais plusieurs dizaines de millions de citoyens européens qui sont stigmatisés, de facto interdits de lieux de sortie, tenus à l'écart du monde du travail ou incapables de trouver un logement à cause de leur origine, de leur religion ou de la couleur de leur peau.

Tout se passe comme si les programmes des partis politiques d'extrême-droite ou nationaux populistes commençaient déjà à être appliqués dans les faits, alors que ceux-ci ne sont pas (encore?) au pouvoir dans la plupart des pays européens. C'est une funeste victoire par anticipation pour ces partis en progression, qui sont les soutiens indispensables de coalitions au pouvoir à l'image du Parti du peuple danois ou du Parti de la liberté néerlandais, ou qui exercent une forte influence sur l'exécutif, à l'instar, notamment, du Jobbik en Hongrie ou du Front National en France.

Ce phénomène n'arrive pas par hasard: à la faveur de la crise, se développe un courant idéologique, intellectuel et politique, qui dépasse ces partis et qui prône une société européenne où les discriminations raciales feraient loi. Cette idéologie, c'est celle d'Eric Zemmour, acclamé par une partie des députés de l'UMP non pas en dépit de, mais en raison de sa récente condamnation pour incitation à la discrimination raciale. C'est celle de Thilo Sarrazin, du SPD allemand, dont le livre figure parmi les meilleures ventes en Allemagne non pas en dépit de, mais en raison de ses déclarations racistes à connotation biologique sur les juifs et les musulmans. C'est celle des ultranationalistes serbes, nostalgiques du génocide de Srebrenica, et qui sont responsables du meurtre du supporter de football Brice Taton à Belgrade en 2009.

Comme le disait Martin Luther King, «l'intégration véritable signifie le partage du pouvoir». A l'inverse, l'exclusion de tous les secteurs de la vie, et a fortiori des lieux de pouvoir, dont sont victimes des dizaines de millions de citoyens européens signifie pour eux une véritable désintégration de la société dont ils font partie.

Face à cette idéologie de haine qui se montre conquérante, la première Nuit européenne du Testing apporte également un enseignement porteur d'espoir et de justice: une dynamique est en train de naître au sein de la société civile européenne antiraciste. Plusieurs dizaines de milliers de militants et de citoyens de tous les pays européens, de tous horizons, de toutes religions, de toutes origines et de toutes couleurs de peau sont décidés à interpeller les pouvoirs publics nationaux et européens, beaucoup trop passifs face à l'urgence de la situation, et surtout à agir concrètement pour faire vivre notre rêve européen d'un continent débarrassé du racisme et de l'antisémitisme.

André Glucksmann le disait bien avant que le printemps arabe ne vienne le montrer à la face du monde avec éclat: s'il y a un conflit de civilisations, ce n'est pas entre le «monde musulman» et l'Occident, mais, au sein de chaque société, et en Europe même, entre les tenants du totalitarisme et ceux de la démocratie. Au sein de ce conflit, notre engagement est clair: l'avenir que nous voulons pour l'Europe, celui que nous construisons déjà aujourd'hui par nos mobilisations communes, celui pour lequel nous nous battons avec enthousiasme et un sentiment de justice, c'est sans conteste un espace démocratique où le racisme n'a pas droit de cité.

Rejoingnez la Page Facebook de l'EGAM pour suivre l'actualité antiraciste en Europe

17:14 Publié dans *DISCRIMINATION, INTERNATIONALE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : egam, testing, européen, extrème droite, europe |  Facebook |

09 février 2011

NOUVEAUX RAPPORTS DE L’ECRI SUR L’ARMENIE, LA BOSNIE-HERZEGOVINE, L’ESPAGNE, MONACO ET LA TURQUIE

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Le Président de l’ECRI, Nils Muiznieks, a déclaré que s’il y a eu des progrès, des préoccupations demeurent dans tous ces pays.


ARMÉNIE
Des préoccupations demeurent dans les domaines de la liberté de religion et des droits sociaux des réfugiés par exemple. (suite)


BOSNIE-HERZEGOVINE
La discrimination ethnique, qui est maintenue dans la législation électorale, la marginalisation des Roms et le recours des acteurs politiques à un discours nationaliste virulent sont les points principaux du rapport. (suite)

 

MONACO
Des actions supplémentaires sont nécessaires telles que la consolidation du cadre législatif dans le domaine de la protection contre la discrimination. (suite)


ESPAGNE

Il est fait référence, dans le rapport, à la persistance des écoles « ghettos » pour les élèves immigrés et roms, et l’absence de données sur les infractions à caractère raciste ou les incidents de discrimination fondés sur l’origine raciale ou ethnique. (suite)

 

TURQUIE
La situation des Kurdes, des Roms et des demandeurs d’asile ont suscité des préoccupations. La discrimination envers les membres de groupes religieux minoritaires et l’utilisation abusive de dispositions pénales sont aussi mentionné dans le rapport. (suite)

 

Plus d'informations : ECRI

21 décembre 2010

HUMAN RIGHTS WATCH PUBLIE UN RAPPORT DÉNONÇANT UN SYSTÈME DISCRIMINATOIRE SUBI PAR LES PALESTINIENS DE CISJORDANIE

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Israël/Cisjordanie : Deux populations séparées et inégales

(Jérusalem, le 19 décembre 2010) - Les politiques israéliennes en Cisjordanie sont sévèrement discriminatoires à l'encontre des résidents palestiniens, les privant de produits de première nécessité tout en permettant aux colonies juives de jouir d'un confort de luxe, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. Le rapport recense des pratiques discriminatoires non justifiées par des motifs sécuritaires ou d'un autre type, et demande à Israël non seulement de démanteler  les colonies de peuplement conformément à ses obligations légales internationales, mais aussi de mettre fin aux violations des droits des Palestiniens.

Le rapport de 166 pages, intitulé « Separate and Unequal: Israel's Discriminatory Treatment of Palestinians in the Occupied Palestinian Territories » (« Séparés et inégaux : Le traitement discriminatoire des Palestiniens par Israël dans les territoires palestiniens occupés ») montre comment Israël a établi un système de traitement des populations de la Cisjordanie à deux niveaux dans les larges zones où le gouvernement exerce un contrôle sans partage. Le rapport est basé sur des études de cas comparant le traitement âprement différent réservé aux colonies de peuplement et aux communautés palestiniennes les jouxtant. Le rapport appelle les États-Unis, les États membres de l'UE et les entreprises travaillant dans les zones d'implantation à éviter de soutenir toute politique de peuplement israélienne qui est intrinsèquement discriminatoire et contraire au droit international.

« Les Palestiniens sont victimes de discrimination systématique du seul fait de leur race, de leur origine ethnique et de leur nationalité d'origine. Ils sont privés d'électricité et d'eau, d'écoles et de routes tandis que, tout près, des colons juifs jouissent de tous ces avantages fournis par l'État », a déclaré Carroll Bogert, Directrice générale adjointe chargée des relations extérieures à Human Rights Watch. « Alors que les colonies israéliennes prospèrent, les Palestiniens vivent sous contrôle israélien dans des conditions d'un autre temps, non seulement séparés, non seulement inégaux, mais parfois même évincés de leurs terres et de leurs maisons. »

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12 décembre 2010

MOSCOU - BUENOS AIRES, LES VIOLENCES ANTI-ÉTRANGERS SE MULTIPLIENT ET S'ACCENTUENT

SLOGANS RACISTES ET SALUTS NAZIS A MOSCOU

Cinq mille supporteurs soutenus par des ultranationalistes se sont rassemblés samedi à Moscou, à deux pas du Kremlin, pour rendre hommage à l'un d'entre eux tué par des Caucasiens.

Source : " Labo » de libération / Diaporama

 

ARGENTINE : MALAISE AUTOUR D’EMEUTES LIEES A L’IMMIGRATION

Des habitants de Buenos Aires s'en sont pris à des sans-abris d'origine étrangère qui occupaient un parc, provoquant un électrochoc dans le pays de tradition cosmopolite.

Des émeutes sanglantes avec des sans-abri d'origine étrangère à Buenos Aires ont provoqué un malaise en Argentine, et obligé le gouvernement à dépêcher la gendarmerie samedi 11 décembre, pour les protéger, au terme de cinq jours d'affrontements. Ils occupaient un parc à Villa Soldati, un quartier pauvre du sud de la capitale. L'Argentine est un pays d'immigration, où tout le monde a plusieurs ancêtres étrangers.

Ces sans-abri, souvent originaires de Bolivie, du Paraguay et du Pérou, pensent qu'en occupant une parcelle dans ce parc ils pourront à terme recevoir de la ville un titre de propriété.
Ils ont accueilli avec des vivats dans la soirée les gendarmes, vus comme des véritables sauveurs. "Nous resterons le temps qu'il faudra", a dit un porte-parole de la gendarmerie, Pablo Lavenir, sous les applaudissements de la foule.

Quatre soirées de suite ces personnes livrées à elles-mêmes avaient été attaqués par des groupes armés des quartiers environnants, en l'absence de toute intervention des forces de l'ordre. Les habitants de ces quartiers craignent que leur parc ne devienne un grand bidonville. "Ils nous ont crié : dehors les Boliviens ! Retournez dans votre pays ! Ils ont tué mon mari comme un chien", a raconté en pleurs Elizabeth Ovidio, veuve de Juan Quispe, un Bolivien tué par balle jeudi soir.

Une politique généreuse

Les ambulances elles-mêmes n'étaient pas en mesure d'approcher du parc pour retirer les blessés, des gens armés tirant sur elles ou brisant leurs vitres à coup de pierres. L'un de ces groupes était parvenu à extraire un blessé de l'intérieur d'une ambulance pour le passer à tabac. Le médecin Julio Gonzalez, resté à l'intérieur du véhicule, a dû être hospitalisé en état de choc.

Ce jeune de 19 ans a été dans un premier temps donné pour mort par le directeur du Service médical métropolitain d'urgence (SAME), Alberto Crescenti. Mais la police a ensuite dit qu'elle n'était pas en mesure de le confirmer.

Ces scènes de panique et de chasse à l'homme, diffusées en boucle par les télévisions, ont choqué les Argentins. Pendant près d'un siècle, 60% de la population de Buenos Aires a été étrangère. La Constitution Argentine elle-même s'adresse à "tous les citoyens du monde qui souhaitent habiter le sol argentin" et la politique d'immigration du pays demeure très généreuse.

Camp de réfugiés

La présidente Cristina Kirchner et le maire de Buenos Aires, Mauricio Macri (opposition de droite) se sont renvoyés pendant cinq jours la responsabilité des événements. Mauricio Macri a accusé le gouvernement de jouer le pourrissement, s'abstenant d'envoyer les forces de l'ordre afin de lui faire porter toute la responsabilité des événements. Le maire a lui-même été accusé de faire le jeu des xénophobes en dénonçant "une immigration laxiste qui mêle des honnêtes gens à des organisations mafieuses et des narcotrafiquants".

Des organisations de défense des immigrés ont porté plainte contre Mauricio Macri pour "incitation à la haine raciale".

L'Organisation internationale pour les migrations a déploré "des expressions xénophobes". "Ce qui est arrivé dans ce parc n'est pas une conséquence de l'arrivée d'immigrés des pays limitrophes", a dit à l'AFP le sociologue Gabriel Puricelli. "C'est plutôt liée à des problèmes de gestion de la ville".

Seule une petite partie (18%) du budget de la ville destiné à la construction de nouveaux logements a été dépensée en 2010. Les immigrés clandestins doivent payer des loyers exorbitants pour une chambre dans un bidonville. Dans la nuit, le parc de Villa Soldati ressemblait à un camp de réfugiés. Les sans-abri recevaient de la nourriture et semblaient enfin protégés.

Source : nouvelobs.com

 
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