Avertir le modérateur

15 avril 2011

TRIBUNES : LES JEUNES EGYPTIENS ONT LE BLUES

Alors que les manifestations et la répression reprennent place Tahrir, quelques jours passés au coeur de la révolution égyptienne, auprès des jeunes "facebookiens" qui ont initié et en partie animé le mouvement comme auprès des dirigeants politiques qui portent leurs revendications, m'ont convaincu de la puissance de leur désir de France et de l'importance du soutien international qu'ils demandent.

Près de deux mois après la chute d' Hosni Moubarak, les jeunes révolutionnaires connaissent un syndrome de "revolution blues" : la fougue de leur engagement, leur faim de politique et leur détermination à construire une société plus libérale cohabitent avec un certain pessimisme, la crainte de l'influence islamiste et le manque de perspectives politiques qu'ils sont en capacité de tracer. L'univers des possibles qu'ils ont entrevu s'est réduit, depuis la reprise en main du pouvoir par l'armée, à une lutte de long terme contre l'ancien régime.

La sanglante répression des manifestations du 8 avril, le cas de Maikel Nabil, jeune blogueur pacifiste traduit devant la justice militaire pour avoir critiqué l'armée, ou la nouvelle loi restreignant la liberté de manifestation et de constitution des partis politiques sont là pour nous rappeler que l'armée n'est pas l'alliée de la révolution. Elle s'inscrit dans la continuité du régime Moubarak, notamment par la perpétuation de son alliance, tacite et ambiguë, avec les islamistes.

Lire la suite

11:29 Publié dans INTERNATIONALE, POINT DE VUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : benjamin abtan, egypte, facebook, révolution, arabe |  Facebook |

13 avril 2011

L'INSUPPORTABLE BANALISATION MEDIATIQUE DU FRONT NATIONAL

Je ne sais pas si c'est dû à mon manque d'expérience de chroniqueuse sur la matinale de France Inter, mais je ne m'étais pas rendu compte que la ligne de démarcation séparant les bonnes et les mauvaises manières d'aborder le Front national (FN) avait bougé. Sérieusement bougé.

Mon boulot n'étant pas de rendre compte de ces glissements successifs mais plutôt de faire rire ou sourire les auditeurs d'Inter au moment où ils terminent de se brosser les dents, je ne mesurais pas mon ignorance avant de poser une babouche sur le terrain miné de l'extrême droite. Une babouche que je repris dans la figure avec une violence qui incite à la réflexion.

Lire la suite

16 mars 2011

TRIBUNE : LES PARTIS REPUBLICAINS SONT-ILS CAPABLES DE PROJETER LES FRANCAIS DANS L'AVENIR?

1255154.jpgTRIBUNE PARUE DANS LA RUBRIQUE "POINT DE VUE" DU MONDE - PAR DOMINIQUE SOPO, PRESIDENT DE SOS RACISME

Marine Le Pen en tête au premier tour des futures élections présidentielles. Ce qui était vu comme un cauchemar mais surtout comme une plaisanterie il y a encore quelques semaines prend corps pour la première fois dans une récente série de sondages. Certes, un sondage n'est pas une vote et, à chaque élection présidentielle, un candidat déclaré crée la "surprise" avant de refluer et de finir largement distancé par les qualifiés au second tour. Mais tout de même : près d'un quart des Français prétendent vouloir voter pour Marine Le Pen en 2012.

Lire la suite

10 janvier 2011

TRIBUNE : LE SYMPTÔME ZEMMOUR

sopo2.jpgPublié sur médiapart

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, c’est la connivence d’une partie des élites –et non du peuple– qui permet le maintien d’Eric Zemmour.

L’affaire est simple: dans deux émissions récentes, le journaliste Eric Zemmour, en ciblant les populations d’origine africaine et maghrébine, a défini ces dernières comme une population criminogène (ce qui rendrait à ses yeux légitime le contrôle au faciès!) et a tenu à légitimer la discrimination raciale, pratique fort heureusement réprimée par la loi.

Une affaire aussi simple ne mériterait guère de digression s’il n’y avait ici la concentration de trois symptômes de notre temps.

Lire la suite

17 décembre 2010

LE RACISME DE L’EXTRÊME DROITE RÉVÈLE SON MANQUE DE "MODERNITÉ"

sopo2.jpg

Par Dominique Sopo, Président de SOS Racisme - Tribune publiée dans le journal Le Monde

Maurice Bardèche, le premier propagateur français, avec Paul Rassinier, du négationnisme de la Shoah, aimait se référer à la Révolution française afin de convoquer au service de son abjecte théorie une page glorieuse de notre histoire.

C’est la même mécanique que Marine Le Pen vient d’employer en associant à l’Occupation" la présence des musulmans dans notre pays. Se référant à la laïcité et en appelant à la République, Marine Le Pen opère un renversement de la pensée qui serait comique s’il n’avait pour but de camoufler, sous la "Résistance" à laquelle elle convie implicitement, une pensée raciste et liberticide.

La ficelle paraît un peu grosse, venant d’une des figures majeures du Front national dont le président, Jean-Marie Le Pen, qualifiait en 2005 l’Occupation nazie que subit la France de "pas si inhumaine que cela". Le même Jean-Marie Le Pen qui – sans même remonter à ses multiples condamnations pour apologie de crimes de guerre, apologie de crimes contre l’humanité, racisme, antisémitisme et négationnisme, pas plus qu’à l’éloge funèbre qu’il fit de Maurice Bardèche – riait au premier rang du spectacle de Dieudonné lorsque ce dernier offrit au négationniste Robert Faurisson un écrin scabreux au Zénith de Paris.

Désormais lestée de cette sortie au racisme patent, l’extrême droite "respectable" dont Marine Le Pen était censée incarner la naissance vient de se fracasser sur l’autel des ressorts politiques profonds de cette partie de l’échiquier politique. Tout comme elle se fracassa lorsque, en Italie, le magistère institutionnel et la tribune publique qu’offrit Silvio Berlusconi à la Ligue du Nord créèrent dans la Péninsule une ambiance de pogroms et permirent que fussent avancés au niveau gouvernemental des projets – tels que le tatouage des Roms – que l’on croyait ensevelis sous les décombres du mussolinisme. Et l’ambiance créa, comme souvent lorsqu’elle s’abat avec une durée suffisante sur un territoire, des passages à l’acte, en l’espèce des crimes racistes.

En Italie comme en France, l’extrême droite porte en elle le crime. C’est de cette famille politique dont Marine Le Pen brigue le leadership. Il est utile de rappeler cette triviale réalité, tant elle se trouve brouillée concernant cette femme dont les journalistes et les adversaires encensent et redoutent la modernité. Moderne, Marine Le Pen ? Sans doute au regard d’un père ringardisé autant par son âge que par des références datées. Mais, pour celle qui ne renie rien de l’héritage paternel, la logique reste la même : trouver l’ennemi intérieur qu’il faudra expulser ou exterminer pour sauver la patrie en danger. Italiens, Polonais, Juifs, Portugais, Espagnols, Africains, Maghrébins… Tous ont eu à connaître les diatribes d’une extrême droite qui leur promettait la vindicte publique.

Et là où Marine Le Pen manque encore un peu plus de "modernité", c’est qu’elle n’est finalement pas si éloignée que cela des haines recuites et des hantises mal camouflées de son père. Il n’y a, dans la sortie de Marine Le Pen, aucune volonté de défendre une laïcité que les composantes catholiques intégristes du Front national vomissent et qui ne s’accommode en aucun cas d’une stigmatisation des origines qu’elle repousse philosophiquement.

En réalité, la corde sur laquelle joue Marine Le Pen, c’est celle, en une réminiscence de la rupture qu’engendra la guerre d’Algérie, de la crainte de l’inversion du rapport colonial.

Ça n’est pas tant le musulman que Marine Le Pen exècre que l’image de l’ancien colonisé dont les enfants s’affirment progressivement comme des citoyens à part entière dans notre société. Car, à n’en point douter, la sortie de Marine Le Pen ne concerne pas les prières dans la rue qu’elle prétend contester. Cette sortie concerne la présence sur notre territoire de personnes d’origine maghrébine qui revendiquent leur statut de Français là où cette femme politique d’extrême droite ne peut voir que des citoyens accidentels et illégitimes dont il faudrait révéler l’usurpation. D’ailleurs, si ces populations "occupent" la France, n’est-ce pas parce qu’elles sont, aux yeux de Marine Le Pen, composées d’étrangers à bouter hors du sol national ?

BOUC ÉMISSAIRE

L’envoi de ces messages plus ou moins subliminaux par Marine Le Pen n’est pas très dur à démonter. Ce qui l’est plus, par contre, c’est le ressort sur lequel joue Marine Le Pen, et qui renvoie à la fonction et à la stratégie de l’extrême droite : libérer les individus de l’impératif moral sur lequel les civilisations modernes et démocratiques ont fondé leur dynamisme et assuré la paix civile, à savoir la nécessité pour chacun de considérer l’Autre comme son égal.

Et cette libération, dans une approche tout aussi classique pour l’extrême droite, s’opère avec une admirable constance par la désignation d’un bouc émissaire que l’on demandera aux populations déstabilisées par la crise économique et sociale d’haïr, faute, pour elles, d’avoir la certitude suffisante de pouvoir agir sur les causes réelles de leurs malheurs.

Il est en effet plus facile de s’attaquer à son voisin d’origine étrangère qu’aux mécanismes de la finance internationale. Plus facile mais aussi plus minable ! D’où la convocation de la thématique de l’"Occupation" qui permet de faire passer pour du courage ce qui n’est que lâcheté puisque le bouc émissaire, c’est celui qui est suffisamment faible dans la société pour ne pas pouvoir se défendre à armes égales face aux agressions dont il est la cible désignée. En décrétant cette "Occupation" comme une réalité, Marine Le Pen espère s’adjoindre la cohorte des lâches qui sublimeront leur poltronnerie – qu’ils n’acceptent pas comme leur propre reflet – en un acte glorieux de résistance aux Arabes.

A celles et à ceux qui seraient tentés par ce chemin, il faut rappeler avec force et insistance qu’au bout de ce chemin-là, il n’y a que des drames. Qu’ils s’épargnent donc ce qui pourrait devenir la plus désagréable et la plus tenace de leurs expériences : le réveil hébété et honteux de ceux qui, après avoir failli, n’ont plus que leurs remords pour seul viatique.

Dominique Sopo, président de SOS-Racisme

Share

23 novembre 2010

ABDOU, HOMOSEXUEL SÉNÉGALAIS, MENACE D'EXPULSION!

AMAR THIOUNE, PRÉSIDENT DE SOS RACISME RHÔNE-ALPES, EN DIRECT DU PLATEAU DE FRANCE 3

capture amar.PNG

Abdou est un jeune grenoblois qui s’emploie à bâtir une nouvelle vie en paix auprès de sa mère et de son frère tous deux de nationalité française. Ressortissant sénégalais et homosexuel, il a dû fuir son pays, où il court un grave danger, pour venir rejoindre sa famille et être protégé ici en France.
Le Sénégal est un pays où l’homosexualité est passible de cinq ans de prison, où l’hostilité des responsables religieux ne cesse de croître et où les agressions homophobes sont très fréquentes. Ce climat fortement homophobe représente un danger réel pour Abdou. Il risque d’être exposé à la haine et aux persécutions.
« Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays »  article 14 de Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Abdou a été arrêté à Grenoble le 11 octobre 2010 et a déjà été détenu au centre de rétention administratif de Lyon-Saint-Exupéry pendant 15 jours. Aujourd’hui, en liberté, Abdou peut-être expulsé à tout moment. L’OFPRA lui a refusé le statut de réfugié. Le Préfet de l’Isère s’acharne contre lui. Il maintient son ordre d’expulsion, veut remettre en cause sa liberté provisoire.
Une délégation composée de représentant-e-s des associations (Lesbian and Gay Pride de Lyon, Collectif C.I.GA.LE de Grenoble et SOS Racisme Rhône-Alpes) ainsi que de trois élus locaux ont rencontré le sous-préfet le 5 novembre 2010 à la suite d’un premier rassemblement. Si la délégation a été écoutée, la Préfecture de l'Isère reste à ce jour d’un silence assourdissant sur le cas d’Abdou. 10 jours se sont écoulés sans aucun retour des services de la préfecture et Abdou est toujours en situation très délicate, il peut être expulsé à tout moment.
Le Collectif CIGALE de Grenoble, La Lesbian and Gay Pride de Lyon et SOS Racisme Rhône-Alpes demandent au Préfet de l'Isère d’entendre enfin raison, demandent à ses services d’octroyer à Abdou un titre de séjour « Vie privée et familiale » dans les meilleurs délais.

27 juin 2010

TRIBUNE : DOMINIQUE SOPO SUR LA LOI SUR LE VOILE INTEGRAL

sopo4.jpgDepuis quelques mois, la société française semble s’enfoncer dans un climat malsain. Importation depuis la Suisse du débat sur les minarets, débat sur l’identité nationale, libération de la parole raciste. A chaque étape close, une nouvelle semble s’ouvrir, illustrant les pratiques d’apprentis-sorciers d’une partie de la majorité parlementaire et du Gouvernement ainsi que la mobilisation, certes d’arrière-garde mais déterminée, d’une partie de la société face à des changements sociétaux qui l’angoissent et qu’elle refuse.

e débat relatif à la loi sur la burqa constitue le dernier avatar de cette séquence nauséabonde car je prétends qu’il est issu principalement non pas d’une préoccupation féministe mais d’une volonté ...

Lire la suite

10 mars 2010

POINT DE VUE : BILAN DE LA HALDE

halde_bilan.JPG

Vendredi 5 Mars, SOS Racisme était invité avec l'ensemble des partenaires de la HALDE, au bilan de l'institution après 5 ans d'existence, au Conseil Economique et Social.

Louis Schweitzer, a présenté durant 1 heure ses fiertés et ses déceptions. S'il est heureux d'avoir imposé la Halde comme acteur ressource et référent dans la lutte contre les discriminations, il critique le manque de budget de la Halde, qui est "pour quelqu'un qui vient du privé comme moi, quelque chose de surprenant" et de comparer le budget annuel de la Halde au coût d'une campagne de promotion d'une voiture sur 1 mois!

Le président de la Halde, qui vient au terme de son mandat a mis en avant une délibération prise par le collège de la Halde sur les emplois fermés aux étrangers visant à demander au gouvernement de mettre fin à ces pratiques légales qui discriminent des millions d'étrangers.

SOS Racisme s'en félicite particulièrement, parce que Samuel THOMAS, Vice-président de SOS Racisme, avait demandé en tant que membre du comité consultatif que la HALDE prennent cette position.

C'est plus de 7 millions d'emplois dans le secteurs public et privé qui sont aujourd'hui fermés aux étrangers.

Les étrangers extra-communautaires, qui effectuent souvent les mêmes tâches que les fonctionnaires mais sous des statuts précaires, sont en effet dans l’impossibilité d’accéder aux emplois statutaires de la fonction publique, à l’exception de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ils ne peuvent pas non plus accéder aux emplois statutaires permanents de la majorité des entreprises assurant la gestion d’un service public.

De même, dans le secteur privé, certaines professions sont soumises à une stricte condition de nationalité française, ou d’un Etat membre de l’Union européenne (vétérinaires, débitants de tabac, pilotes d’avion, etc.).

Si la condition de nationalité peut s'entendre sur des postes stratégiques tels que ceux classés "secret-défense", il est incompréhensible qu'un étranger extra-communautaire ne puisse travailler dans une collectivité locale en tant que fonctionnaire. En quoi un étranger extra-communautaire est-il plus dangereux qu'un habitant de la communauté Européenne pour travailler par exemple aux services d'accueil d'une mairie. Ces conditions de nationalité sont des discriminations légales, contraires aux valeurs de notre république.

Plus d'infos sur le dossier spécial "emplois fermés" du magazine "Pote à Pote".

Loïc RIGAUD

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu