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16 juin 2011

Exclusif :: Dossier Adecco Belgique, le nom des entreprises

2001, le parquet de Bruxelles décide de lancer une enquête à charge d’Adecco pour discrimination à l’embauche, suite à une dénonciation du Centre pour l’égalité des chances. Huit ans plus tard, Adecco s’en sort sans condamnation pénale, faute d’enquête sérieuse. Mais grâce à l’obstination de la FGTB et de SOS Racisme, Adecco sera finalement condamné. Le nom des entreprises qui ne voulaient pas d’intérimaires d’origine étrangère n’avait jamais été révélé. Solidaire répare cet « oubli ».

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Cette page vient du dossier de l'enquête harge d'Adecco, en 2001. On peut voir les demandes « personnalisées » des entreprises. Retrouvez toutes les pages sur www.solidaire.org.

« Blanc-Bleu-Belge uniquement »

Il y a dix ans, un employé de la société d’intérim avait transmis certains documents internes démontrant qu’Adecco se livrait à des pratiques discriminatoires à l’égard des candidats travailleurs d’origine étrangère. L’enquête qui suivra sera bâclée par les autorités judiciaires. D’énormes fautes de procédure seront commises. Au point qu’après plus de 8 ans de procédure, les poursuites à charge d’Adecco seront déclarées irrecevables. Il n’en reste pas moins que les éléments de cette enquête sont édifiants : il existait bien une pratique généralisée au sein d’Adecco qui visait à satisfaire les entreprises qui ne voulaient pas les services d’un intérimaire d’origine étrangère. Grâce à la FGTB et SOS Racisme (voir plus loin), l’agence d’intérim est enfin reconnue coupable de discriminations à l’embauche.

Ces discriminations à l’embauche sont punies par la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie et diverses conventions collectives de travail. Les perquisitions opérées en 2001 auprès du siège d’Adecco ont révélés qu’au moins une centaine d’entreprises ont demandé les services de la société d’intérim en précisant qu’elles ne voulaient pas d’étrangers1.

La société de vêtements Benetton s’est fait une renommée internationale par ses campagnes marketing axées sur la diveristé. « United Colors of Benetton ». La réalité est bien loin de ce slogan publicitaire. Le dossier pénal à charge d’Adecco révèle que le magasin de Benetton à Bruxelles aurait sollicité de la société d’intérim des « vendeuses full-time. Jeunes et dynamiques » mais « BBB » (Blanc-Bleu-Belge) ... Et ce n'est qu'un exemple.

« A la limite turque ou yougo »

Certaines de ces entreprises ont formulé des exigences plus précises : « BBB ou impeccable – pas de racaille », ou « BBB, super mignonne (style hôtesse de l’air) » pour un travail administratif et  de contact téléphonique, « 2 femmes de ménage pour travailler de 17h à 20h30 BBB !!! (… à la limite turque ou yougo) ». Ou cette société de dépannage qui a demandé un « BBB car travaille souvent avec la police …».

Cette liste des entreprises qui auraient exigé d’Adecco des travailleurs « bien de chez nous » est révélatrice des discriminations massives à l’embauche. Il est vraiment regrettable que l’enquête pénale à charge d’Adecco n’ait pas fait plus d’efforts pour établir à quel point ces entreprises se sont livrées à des pratiques discriminatoires dans le recrutement de leur personnel. L’impunité dans ce domaine est criminelle, en particulier quand on voit que le phénomène est encore tout à fait actuel.

Selon le dossier pénal à charge d’Adecco, les entreprises suivantes auraient sollicité un travailleur intérimaire en exigeant que celui-ci soit uniquement « BBB » ou en précisant qu’elles ne voulaient « pas d’étrangers » ou « pas d’arabes » :

A&A Electrics, A.v.D. Belgium, Agence Duchene SA, Aon Belgium, Apover, Aufisco, Axima, BMW Brussels, BC Components, Beguelin Import, Benetton Retail Belgium, Berchem Pneu, BFGoodrich Europe, Bois Henri Lochten, Ghysels, Bracco Belgium sa, BV Tourisme, C&A, Carli Gry, Cegeac, Centrale américaine, Chehoma, Clinique Saint-Jean, Church’s english shoes, City parkings sa, Cliff Tailor, Cobema, Comax, Contigea, Defitech, Delhaize le Lion, Dépannage Wattiez, Distri Shoe, Electrabel Distribution, Electrolor, Equipo SPRL, Eurocavi Europe, Forma, Fort James, Garage du stade, Godiva, Group 4 Maintenance, Guilbert Belgium, Hades, Interbrew Belgium, ITD Fashion outlet, Itel Tech, JB carrosserie, JVC Belgium, La galerie Marie-Christine, Les musts de Cartier, Losdyck Paint, Maison Theunissen, Melisana, Mench Industry S.A., N.D.A Vandenhouwe, Nachtergaele, Noritsu, OCA S.A., Papeteries Aubry, Peugeot Technic Auto, Poot Printers, Press Shop, Putman SA, Ready, Ria, Rioglass International, Security Infor, Stephane Davidts SPRL, Swatch group, TEM, Tempolec International, Transfer, Universal group, Univex, VG Plastic, Vice-Versa, Woluwe parkings, …

1. Retrouvez la liste complète des entreprises ici

Le jugement (uniquement en néerlandais) ici

Source : ptb.be : Jonathan Lefèvre

16:39 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adecco, discrimination, condamnation, belgique |  Facebook |

14 juin 2011

Discrimination: Adecco doit verser 25 000 euros à SOS Racisme

L'association française SOS Racisme précise que la société d'intérim Adecco a été condamnée à lui verser 25 000 euros, à titre de dommages et intérêts pour pratiques illégales de discrimination à l'embauche. Il s'agit de la plus lourde amende à payer par une entreprise à une association antiraciste pour discrimination, en Europe.

Le tribunal de première instance de Bruxelles a condamné Adecco, le 3 juin dernier, à payer 25 000 euros à SOS Racisme, ainsi que l'euro symbolique à la FGTB et à l'association interculturelle flamande Kifkif, à titre de dommages et intérêts pour pratiques illégales de discrimination à l'embauche.

La société d'interim a décidé d'interjeter appel.

"Blanc Bleu Belge"

L'affaire remonte à 2001.

Un collaborateur d'Adecco avait dénoncé le fait que des postes pour des missions dans certaines entreprises qui ne souhaitaient pas recruter des personnes étrangères étaient pourvus du code BBB, pour "Blanc Bleu Belge" (une race de viande bovine belge, ndlr).

SOS Racisme, alerté par des suspicions de pratiques similaires en France, avait mené une vaste enquête, et décidé de se constituer partie civile, le 20 septembre 2007.

Une instruction avait été ouverte, mais la chambre du conseil de Bruxelles avait décidé fin 2009 de ne pas renvoyer la société de travail intérimaire devant le tribunal correctionnel. Elle constatait que l'instruction avait été menée en français, et non en néerlandais, alors que le siège central d'Adecco se situe en Région flamande.

SOS Racisme, la FGTB et KifKif avaient alors décidé d'introduire une action au civil en dommages et intérêts devant le tribunal de première instance de Bruxelles pour discrimination à l'embauche et violation de la loi contre le racisme.

Source : rtbf.be le 14/06

Discrimination à l'embauche : Adecco condamné en première instance

 

Le tribunal de première instance de Bruxelles a donné gain de cause à la FGTB et aux associations SOS Racisme et Kifkif et condamné la société d'intérim Adecco à un euro symbolique à titre de dommages et intérêts pour pratiques illégales de discrimination à l'embauche, a annoncé vendredi le syndicat socialiste.

L'affaire avait éclaté en 2001 à la suite d'une plainte d'un collaborateur d'Adecco. Celui-ci avait dénoncé le fait que des postes pour des missions dans certaines entreprises qui ne souhaitaient pas recruter des personnes étrangères étaient pourvus du code BBB, pour "Blanc Bleu Belge" (une race de viande bovine belge, ndlr). Une instruction avait été ouverte dans la foulée.

La chambre du conseil de Bruxelles avait décidé en 2009 de ne pas renvoyer la société de travail intérimaire devant le tribunal correctionnel car l'instruction à l'encontre de l'entreprise avait été menée en français et non en néerlandais alors que le siège central d'Adecco se situe effectivement en Région flamande.

La FGTB et SOS Racisme avaient alors décidé, en septembre 2009, d'introduire une action en dommages et intérêts contre Adecco devant le tribunal de première instance de Bruxelles pour discrimination à l'embauche et violation de la loi contre le racisme.

"Il s'agit d'une grande victoire dans la lutte contre les discriminations à l'embauche et cette décision permet de dénoncer des pratiques qui sont malheureusement encore trop fréquentes dans l'ensemble des secteurs, y compris dans l'intérim, mais qu'il est souvent difficile à poursuivre faute de preuves suffisantes", se réjouit la FGTB dans un communiqué.

La FGTB et SOS Racisme annoncent par ailleurs avoir décidé "de porter l'échec du dossier pénal devant la Cour européenne des droits de l'Homme afin d'y dénoncer le non-respect du principe du droit au procès équitable". Le syndicat et l'association reprochent à l'Etat belge, et au parquet du procureur du Roi, de ne pas avoir mis tout en oeuvre pour poursuivre Adecco pour pratiques discriminatoires.

Belga

Source : rtbf.be le 03/06

22:13 Publié dans *DISCRIMINATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adecco, discrimination, racisme, belgique, sos racisme |  Facebook |

10 février 2011

ADECCO BRUXELLE DEVANT LA JUSTICE POUR DISCRIMINATION RACIALE

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Le 10 février, se tiendra à 9h30 au Palais de justice de Bruxelles le procès opposant SOS RACISME, la FGTB et l’association Kif kif à ADECCO, numéro 1 mondial du travail temporaire pour des faits de discrimination raciale.

Cette audience, devant les juridictions civiles belges, intervient alors que SOS RACISME avait assigné la branche belge d’ADECCO pour discrimination raciale à l’embauche. En effet, entre 2000 et 2001, les fiches de poste vacants étaient annotées de la mention BBB – en référence à la race bovine « Blanc-Bleu-Belge – signifiant « pas d’étranger » ou « pas d’arabe » dans le cadre de certaines missions. Ces mentions, codifiant les demandes discriminatoires des clients d’ADECCO, ont été révélées dans des correspondances internes échangées entre plusieurs agences du groupe.

Neuf ans auparavant, SOS RACISME avait déjà porté plainte auprès des juridictions pénales pour ces mêmes faits. Or, la justice belge avait décidé fin juin 2008 de ne pas renvoyer en correctionnel les dirigeants d’ADECCO en raison d’un problème de procédure lié à la langue utilisée. En effet, l’instruction a été menée en français par la justice et non en néerlandais, alors que le siège d’ADECCO en Belgique se situe en Flandre, la région néerlandophone du pays.

C’est dans ces conditions, et afin que soit reconnue enfin comme illicite la mise en place d’un tel système discriminatoire, que l’association a entendu, malgré les obstacles rencontrés, poursuivre son combat sur le terrain civil.

Ce n’est pas la première procédure engagée à l’encontre du spécialiste du travail temporaire, puisque SOS RACISME a déjà fait condamner pénalement ADECCO et deux de ses clients, Garnier et Ajilon, pour des faits similaires. En effet, les recruteurs avaient eu pour consigne de n’embaucher que des animatrices de vente « BBR » (bleu, blanc, rouge) dans le cadre d’une campagne pour les produits Garnier (groupe l’Oréal) en 2000.

Une autre procédure engagée en 2001 contre ADECCO pour des faits de discrimination raciale et de fichage ethno-racial des intérimaires, dans le secteur de la restauration, est toujours pendante devant les juridictions pénales françaises.

 
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