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07 mars 2011

TESTING EUROPÉEN : A PARIS, LA COULEUR FAIT SOUVENT LE CLUBBEUR

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ALEXANDRA BOGART, JOURNALISTE A METRO, A SUIVI L'EQUIPE DE SOS RACISME A PARIS.

23 heures, samedi, à Paris.

Loïc Rigaud, “Monsieur Testing” de SOS Racisme, “déclare la première nuit du testing européen ouverte”. Un rapide rappel des règles de base pour un testing en discothèque réussi (avoir une présentation irréprochable, obtenir des videurs qu’ils verbalisent un refus explicite et l’enregistrer

grâce aux stylos et montres caméras...) et c’est parti. Dix personnes s’engouffrent dans la nuit parisienne. Quatre Noirs, quatre Blancs, deux Arabes. Garçons et filles représentés à parité.

A l’arrivée devant la première boîte testée, au sud de la capital, le collectif se scinde en deux groupes. Celui des Noirs part en premier. Refus : la soirée est privée. Suit le quatuor de blancs. Même refus, pour la même raison.

Direction la deuxième boîte testée, au cœur de Paris. Cette fois-ci, deux Noirs et deux Arabes s’avancent ensemble. Ici, seuls entrent ceux qui ont une voiture de sport ou qui ont réservé une bouteille, et celles qui gagnent le concours de la jupe la plus courte et des talons les plus hauts. Et, malgré le froid de canard, il y a de la concurrence... Les deux groupes (mixte et blanc) se font successivement refouler. Sans explications.

Troisième lieu, le Duplex, à deux pas de la place de l’Etoile. Un premier couple de Noirs se fait refuser l’entrée par la physionomiste. La raison invoquée est qu’“à cette heure (3 h 30, ndlr) on a beaucoup de monde et on ne fait entrer que les habitués”. Sauf que les clubbers arrivent au compte-gouttes et que le couple de testeurs blancs, qui se présente quelques minutes plus tard, franchit le seuil sans difficulté. Le deuxième couple de Noirs, très chic, entre également.

Le cas est délicat : peut-on invoquer la discrimination en raison de la couleur de peau ? Après réflexion, SOS Racisme a décidé de porter plainte. “On dénonce l’esprit ‘quand il y en a un ça

va, quand il y en a plusieurs ça pose problème’ et cette logique des quotas”, explique Benjamin Abtan, membre du conseil national de l’association.

Le dernier endroit testé : le Madam, dans le VIIIè arrondissementConcernant ce lieu, aucun doute. Le groupe mixte s’avance. Seuls ceux qui ont réservé peuvent entrer, paraît-il. Mais les Blancs, qui n’avaient bien sûr pas annoncé leur venue, entrent sans encombre. SOS Racisme, qui a enregistré toute la scène, va porter plainte pour discrimination raciale.

Alexandra BOGAERT. Source : Metro France

RACISME : FOLLE NUIT DU TESTING EN EUROPE

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L’opération a été menée samedi à l’entrée de boîtes de nuit et de bars dans 11 pays. Les résultats inquiètent :

De Bucarest à Oslo en passant par Besançon, Anvers et Tirana (Albanie), la première nuit du testing à l’entrée des boîtes de nuit menée à l’échelle européenne s’est déroulée simultanément dans onze pays du Vieux Continent. Les populations “potentiellement discriminées” étaient, selon les Etats, noires, arabes ou roms.

Les résultats sont “inquiétants”, estime Benjamin Abtan, secrétaire général de l’Egam (European Grassroots Antiracist Movement, créé en novembre et qui rassemble une quarantaine d’associations en Europe). A Bilbao (Espagne) huit établissements sur les neuf testés ont refusé l’entrée à des Noirs et des Arabes. En Roumanie, ce sont les Roms qui n’ont pas eu le droit de franchir le seuil des boîtes de nuit. “En tout, un peu plus d’un établissement sur deux a discriminé des personnes sur une base ethnique. ça illustre bien la montée des idéologies racistes et l’influence des discours de l’extrême droite en Europe, qui sont entrés dans une phase d’application”, poursuit celui qui est aussi membre du bureau national de l’association SOS Racisme, qui a porté ce mouvement.

Cette opération, qui vis à mettre en évidence le phé- nomène raciste dans des nations où une telle discrimination est niée ou vécue comme une normalité, était une première pour un certain nombre de pays. Elle est vouée à être répétée, dans les boîtes de nuit comme dans les secteurs du logement et de l’emploi. A terme, le but est de faire reconnaître le testing comme preuve de discrimination dans tous les pays de l’UE (seules la France et la Belgique l’acceptent comme preuve au pénal), comme dans ceux qui souhaiteraient y adhérer. Et de faire en sorte que l’Europe, qui a inscrit le principe de nondiscrimination dans sa charte des droits fondamentaux, soit enfin “au niveau de ses valeurs”.

Alexandra bogaer, Source : Metro France

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